Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

« Quelle fiscalité pour demain ? » Nouvel ouvrage de François Facchini

La semaine
Professeur agrégé de sciences économiques, François Facchini nous invite dans son dernier ouvrage à voyager dans la fiscalité d’hier, d'aujourd’hui et de demain.

A l’aide de nombreux rappels historiques, nous comprenons dans quels travers de complexité et d’absurdité est tombée notre fiscalité actuelle, justifiant la prospective nouvelle suggérée par l’auteur.

Un ouvrage de bon sens 

L’auteur souligne ainsi qu’il convient d’abandonner la fiscalité comme instrument politique et idéologique afin de redonner à l’impôt sa vocation primordiale qui n’est pas de redistribuer mais de financer les missions de l’Etat et des collectivités.

Soucieux des libertés et non dépourvu d’un certain pragmatisme, François Facchini voit même dans l’impôt un mal nécessaire.  A ce titre, il doit rechercher la neutralité et l’efficacité. On ne paie pas l’impôt par plaisir et il faut donc rechercher à l’atténuer.

Cependant il est tout de même indispensable pour faire tourner la puissance publique et notamment régalienne, et doit donc être le plus neutre possible pour ne pas entraver l’économie et la production.

Son efficacité est nécessaire pour que chaque euro prélevé soit entièrement consacré à l’équilibre des budgets publics, sans dispersion, sans frais de recouvrement excessif et sans effet dissuasif à l’égard des créateurs de richesses.

Pour étayer ses théories, le professeur a décidé d’allier la précision mathématique de l’économiste au recours constant aux grands principes fondamentaux d’une fiscalité saine.

Un ouvrage qui propose des solutions

C’est pourquoi il conseille par exemple de favoriser l’impôt sur la consommation,  simple à collecter et d’un rapport facile à appréhender, plutôt qu’un impôt sur le revenu dont la collecte est coûteuse et d’un effet souvent dissuasif pour la production de richesses.

Un impôt avec une base élargie et un taux plus bas est donc en toute logique préconisé.

Dans une vision d’ensemble, l’auteur insiste aussi sur le fait qu’une baisse d’impôt doit s’accompagner mécaniquement d’une diminution des dépenses publiques, dès lors que ces dernières sont motivées uniquement par leur nécessité et non par une idéologie égalitariste et redistributrice.

Nous connaissons aujourd’hui un cercle vicieux alimenté par le déséquilibre budgétaire, en vertu duquel la dépense publique augmente parce que l’impôt augmente, laquelle augmentation justifie à son tour de nouvelles dépenses et donc de nouveaux impôts.

Il s’agit d’en sortir afin de recréer un cercle vertueux où l’impôt diminue parce qu’il n’a plus qu’à financer la seule dépense nécessaire. Or, celle ci ne pourra que que diminuer puisque l’impôt n’augmentera pas pour financer une dépense non nécessaire  : « Verser un euro public à quelqu’un sans contrepartie, c’est le désinciter à produire lui-même cet euro… ».

Le livre offre enfin différentes options de lecture : le chercheur y trouvera des analyses scientifiques pertinentes tandis que le citoyen curieux saura écarter les formules mathématiques pour s’intéresser à une réforme de notre structure fiscale.

François Facchini, « Quelle fiscalité pour demain ? Décrypter les enjeux des futures réformes », DBS, 2026 – 22,90 euros, 320 pages

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