En 2014, dans notre numéro des Enquêtes du contribuable consacré à l’assistanat en France, nous avions révélé à nos lecteurs l’existence de cette émission de télé britannique sur des bénéficiaires d’aides sociales, et qui a donc inspiré la chaîne M6. Vous lirez ci-après notre article d’avril 2014.
Rue des allocs
Polémique. Outre-Manche, la chaîne de télévision Channel 4 diffuse une émission de télé-réalité sur des bénéficiaires d’aides sociales.
Une rue jonchée d’ordures, des habitants qui errent une canette de bière à la main, c’est le décor de la nouvelle télé-réalité britannique de Channel 4 « Benefits Street » (« Rue des allocations sociales »). Alors que la réforme du système d’aides sociales fait débat à la Chambre des communes, la chaîne de télévision dresse un portrait édifiant des bénéficiaires de l’Etat-Providence et de leurs abus.
L’action se déroule à Birmingham, la deuxième ville du pays (16,5 % de chômeurs), au sein de la rue James Turner (99 maisons, 30 nationalités). La majorité des résidents sont sans emploi et touchent des prestations sociales. Anecdotes et tranches de vie émaillent le programme. Un couple dénonce le fait de vivre avec 50 livres par semaine (242 euros par mois) mais révèle avoir été pris en flagrant délit de fraude aux aides sociales.
Un voleur explique comment dérober des vêtements sans se faire prendre. La prison de Winson Green fait office de « seconde maison » relate le narrateur, certains y sont déjà allés trois fois. Les cas d’addiction aux drogues y sont monnaie courante. Bref, toutes les personnes filmées sont sciemment présentées comme des parasites qui profitent du système.
Les réactions des téléspectateurs sont très partagées
Lancé le 8 janvier, le premier épisode a fait un carton d’audience avec 7 millions de téléspectateurs. Les réactions sont très partagées. Certaines postées sur les réseaux sociaux sont extrêmement violentes : « Voir cette racaille dans Benefits Street me rend dingue. Allez bosser, bande de chiens » ou « Quelle pourriture de voyous. Une balle coûte environ 30 pences, donc avec un billet de 20 livres (24 euros), on pourrait se débarrasser de la rue et avoir encore de la monnaie en poche ».
A l’inverse, plus de 30.000 téléspectateurs ont exigé l’interruption de l’émission en signant une pétition dénonçant la stigmatisation. Les protagonistes de l’émission se disent trahis par la production : « Ils nous ont dit qu’ils voulaient saisir l’état d’esprit de la rue James Turner et montrer le positif, mais la seule chose qu’ils ont faite est de montrer le négatif ».
Sur son site Internet, la chaîne soumet le visionnage au contrôle parental et prévient que « le langage employé et le contenu de certaines scènes peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs.