Les usagers de la SNCF s’apprêtent à vivre une nouvelle semaine d’enfer. La CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe ferroviaire, a appelé à la mobilisation dès ce lundi 5 mai, tandis que SUD-Rail, troisième syndicat exhorte les conducteurs à cesser le travail à partir du 7 mai.
Objectif : prolonger la grève autour du pont du 8 mai, afin de paralyser le trafic, notamment en Île-de-France lorsque les Français tenteront de profiter d’un week-end à rallonge.
Ces mouvements sociaux ont une nouvelle fois comme prétexte des revendications salariales, dont celles des primes de travail et de traction, éléments moteurs de la rémunération des « roulants » (conducteurs + contrôleurs).
Selon la direction de la SNCF, les salaires des cheminots ont augmenté de 19 % en quatre ans, contre 14 % pour l’inflation.
Pas à plaindre : un décryptage du Figaro démontre que les agents SNCF bénéficient d’un système de rémunération mêlant salaire de base, primes et avantages en nature. Un cocktail que beaucoup de salariés du privé leur enviraient.
Le bulletin de salaire des agents SNCF est une bouteille à l’encre. En 2019, rappelle Le Figaro, la Cour des comptes pointait la complexité du système en recensant « plus de 70 » primes et indemnités représentant jusqu’à un tiers de leur rémunération globale.
Parmi elles, des « éléments variables de solde » (EVS) récompensant le travail de nuit, les week-ends, ou même la maîtrise de langues étrangères (jusqu’à 79,50 euros mensuels pour l’anglais ou l’allemand).
S’y ajoutent des avantages logement : la SNCF dispose de 26 500 logements à tarif accessible, gérés par sa filiale SNCF Immobilier, et verse des aides spécifiques en Île-de-France.
Grève à la SNCF : les Français en ont ras-le-bol
En plus des éléments cités, certains agents bénéficient d’une indemnité de résidence et d’une prime de fin d’année, indique Le Figaro.
Lumpenprolétariat interne : le quotidien souligne que les statutaires de la SNCF bénéficient d’un train de sénateur vis-à-vis des contractuels qui représentent aujourd’hui 32 % des effectifs. Cette différence de statut creuse les inégalités internes.
Alors que Philippe Tabarot, le ministre des Transports, dénonce un « ras-le-bol » des Français face aux grèves répétées (pas une année de répit depuis 1947), les contribuables redoutent le coût d’une énième paralysie des rails.
D’après la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), une grève à la SNCF, c’est de l’ordre de 20 millions d’euros de perte sèche par jour pour l’entreprise.
Le coût total pour l’économie française est évalué entre 100 et 300 millions d’euros par jour, selon les estimations.
La grève de 3 jours qui avait débuté le 16 février dernier, a fait perdre 60 millions d’euros au transporteur.
Un coût qui correspond au prix de deux rames de TGV !
Pour mémoire, la facture laissée en 2024 lors de la grève liée à la réforme des retraites a coûté 500 millions d’euros à la SNCF, une entreprise publique que l’État et les collectivités locales ravitaillent à grandes rasades d’argent public depuis des années (20,3 milliards d’euros en 2023, selon Fipeco).
5 réponses
Pas de paiement des jours de grève, pas d’augmentations systématiques , fins des jours supplémentaires de congés payés par les usagers, vérification du boulot effectif mensuel, création d’un syndicat représentatif réél non ultra politisé, etc etc etc Certes il y a du boulot mais des milliards d’économies à réaliser
Fuck them! If we can.
bonjour
Je suis pour supprimer le droit de grève dans la fonction publique et tout ce qui vit grace aux subventions de l’Etat, la CGT/ SNCF se targue de gagner de l’argent, alors que l’Etat renfloue tous les ans à coups de millions…
Pourquoi le milieu médical procède autrement, sans pénaliser les malades, alors que l’on pénalise tous les salariés qui participent au financement de la fonction publique et de la SNCF. et qui travaillent eux….
Pourquoi on trouve un accord après une grève et pas autour d’une table de négo…ECOEURANT…
Donnant donnant
Pendant la prise en otage des voyageurs qui sont pénalisés pendant les grèves, allons bloquer l accès entrant/sortant de tous les centres de vacances Sncf. A chacun sa misère et ses problèmes. Dans notre activité on ne pouvait couper l eau pour nuire aux usagers.
A la retraite aujourd hui j ai trop le cauchemar des jours de grève qui nous accablaient pour aller et rentrer du travail en banlieue de Paris. Que de gâchis d argent perdu pour l ensemble de nos activités.
Un peu de respect pour autrui.
Oui, voilà encore des nantis qui s’ignorent et qui jouissent d’une position de force telle qu’ils en abusent au détriment de l’ensemble de la population qui travaille. Ils utilisent un droit, mais il y a aussi l’abus de droit ! Il y a là une réforme en profondeur à faire, mais ce n’est pas avec le gouvernement et la Chambre que nous avons qu’une réforme risque de voir le jour !