Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Vélo : la Métropole de Lyon pédale dans la controverse

© Sander van der Werf / Shutterstock.com
La collectivité écolo a investi 400 000 euros dans un garage à vélos de 70 places, un déraillement budgétaire qui fait bondir l’opposition alors que d’autres subventions baissent.

Comme le révélait « Le Progrès » en avril, un investissement de 400 000 euros dans un garage à vélos de 70 places a agité la Métropole de Lyon.

Alors que la majorité écologiste défend ce projet comme un anti-vol contre les vols des deux-roues, l’opposition de centre-droit dénonce un « déraillement budgétaire » d’un montant disproportionné alors que des coupes dans les budgets sociaux et éducatifs se multiplient.

Le local, situé au 7 rue Burdeau (Lyon 1ᵉʳ), doit accueillir 70 vélos pour un abonnement annuel de 90 euros par usager. Mais c’est le montant de l’enveloppe – 400 000 euros, soit 5 700 euros par place – qui suscite la polémique.

Garage à vélo : critique des élus 

Le groupe d’opposition La Métro positive (droite et centre) souligne que « à plus de 5 700 euros la place et au regard des tarifs annuels de stationnement vélo (…) ce n’est pas demain que cet investissement sera amorti ».

L’opposition pointe aussi du doigt des réductions budgétaires symétriques, dont 370 000 euros en moins pour les politiques de solidarité (insertion, familles, personnes âgées) et pour le sport collégien (- 20 000 euros).

Face à ces critiques, Benjamin Badouard, conseiller écologiste, assume : « C’est un prix, certes. Mais une place pour voiture en centre-ville coûte en moyenne six fois plus cher ».

L’opposition relève une autre incohérence : le fossé entre les tarifs de stationnement vélo et voiture. « Un abonnement mensuel minimal pour une voiture coûte 128 euros à la Croix-Rousse, soit 1 500 euros par an. Pour un vélo, c’est 90 euros. Où est l’équité ? », interroge Laurence Croizier (La Métro positive).

Si l’opposition plaide pour des aides « plus ciblées » et moins coûteuses pour les finances publiques, les écologistes campent sur leurs positions : « Quand il s’agit de voitures, personne ne compte. Pour les vélos, on devient subitement des comptables », rétorque Benjamin Badouard.

Dans un contexte de restriction budgétaire, ce conflit reflète un clivage plus large : faut-il privilégier les infrastructures vertes ou rééquilibrer les dépenses en faveur du plus grand nombre de contribuables ?

D’autant que la Ville de Lyon a augmenté ses taxes en 2023, selon Vigie Taxes Locales. Serait-ce pour ce type de projets ?

Loin d’être tranchée, la question promet de revenir sur le devant de la scène lyonnaise lors des prochaines municipales.

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