Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Vive la République des comités Théodule

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L'État aime se donner des raisons d'exister. Au moindre problème, il crée des commissions et autres instances consultatives, dites comités Théodule. On en compte aujourd'hui 317. Cout officiel : plus de 30 millions d'euros par an.

Extrait du numéro 35 de Tous contribuables (été 2025), notre trimestriel.

BENOÎT HAMON

L’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale est membre du Conseil national du développement et de la solidarité internationale, une instance consultative rattachée au ministère des Affaires étrangères. Cette commission existe depuis 2014. Elle compte 67 membres. Coût pour 2023 : 39  770 euros pour trois réunions plénières. Benoît Hamon y siège au titre de président d’ESS France, la Chambre française de l’économie sociale et solidaire, dans le collège des représentants de l’économie sociale et inclusive. Tout un programme.

BÉRANGÈRE COUILLARD

Autre brillante recasée : Bérangère Couillard. Celle qui fut députée macroniste de la Gironde entre 2017 et 2024 et secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations à partir de 2022 a été battue lors des dernières législatives. Pas de panique : défaite le 7 juillet 2022, elle retrouve un poste dès le 16 ! Si seulement France Travail était aussi rapide… Elle est la tête du Conseil de l’Égalité entre les femmes et les hommes, pour un budget 2023 de 63  400 euros.

ANDRÉ LAIGNEL

Maire PS d’Issoudun (Indre) et premier vice‑président délégué de l’Association des maires de France, il cumule les présidences du Comité des finances locales (CFL) et de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), deux entités rattachées au ministère de l’Intérieur… et dotées de lignes budgétaires distinctes. En 2023, elles ont coûté à elles deux plus d’un million d’euros. Créé par le CFL, l’Observatoire avait organisé une seule réunion en 2018 pour 210  000 euros ; il en a tenu sept en 2023 pour un budget prévu à 316 210 €. Une rationalisation semble s’imposer…

LE CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE
Créé en 1997, le Conseil d’analyse économique (CAE) a pour mission d’éclairer les décisions du gouvernement grâce aux travaux d’experts. Sur ses 17 membres, seuls certains sont rémunérés ; son budget atteint 809  000 euros en 2023. En octobre 2024, son président délégué, Camille Landais, a affirmé dans Les Échos que « refuser toute hausse d’impôts, au vu de notre situation budgétaire, c’est absurde ». Une déclaration qui a fait grincer des dents, notamment chez ceux qui estiment que ce Conseil coûte trop cher pour recommander davantage de prélèvements.

LA COMMISSION NATIONALE CONSULTATIVE DES GENS DU VOYAGE
Forte de 35 membres, elle a tenu 15 réunions en 2023 pour un coût d’environ 70  000 euros. Elle est chargée d’étudier les questions relatives aux gens du voyage, en particulier celles en lien avec leur mode de vie mobile, et de faire des propositions pour garantir l’accès à l’ensemble de leurs droits. Un groupe de travail s’y est notamment réuni à huit reprises pour définir le statut de la caravane. Illustration de ces instances ultra‑spécifiques, qui mobilisent temps, énergie et argent… sans que leur utilité ne soit toujours évidente.

2 réponses

  1. Que ces gens se discourent bénévolement dans des commissions qui se réunissent 2 fois par an pour le plaisir de débattre et pas grand chose de plus, mettons. Sauf le coût administratif et organisationnel induit de ces comités.
    Mais quand ils en font une rente de situation en émargeant à l’argent public et en cumulant 3 ou 4 affectations du style pour sortir 5- 6 000 €. mensuels ; €. sortis en fin de compte de la poche du contribuable d’aujourd’hui ou pire, de demain qui va devoir rembourser nos dettes, là on est dans la prébende honteuse.
    On n’a pas les moyens de tout cela. D’autant que ces comités et ces commisions complexifient à l’envi notre système public.
    Il paraît qu’il faut simplifier le mammouth public.
    M. Bayrou, ne lâchez pas ! Le grand public soutient vos réformes petit-braquet et vos coups de canifs à la marge. A défaut d’un grand soir et de son utopie, ça fera quand même avancer le schmilblick !

  2. Pour moi ces méthodes organisées qui puisent de l’argent public légalement et qui engraissent des parasites inutiles au bon développement de notre pays,,cà n’est rien d’autre que de la corruption .

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