Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Contribuables lésés : la dérive budgétaire de Paris passée au crible

© Tetiana Lukerievas -Shutterstock
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La Chambre régionale des comptes d’Île-de-France s'apprête à publier un rapport sévère sur les finances de Paris. Contribuables Associés, à l’origine de cette enquête, voit ses craintes confirmées : le contribuable parisien paie les pots cassés d’une gestion déficiente.

Déjà mise en cause pour des frais de toilette et des voyages digne de Cléopâtre, Anne Hidalgo est maintenant sur la sellette pour la gestion de la Ville de Paris dont elle est maire depuis 2014.

À l’approche des municipales de mars 2026, un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France décrit une situation financière « dégradée » et un recours a l’emprunt « au-delà des ratios prudentiels ».

 

Cette photographie budgétaire confirme ce que Contribuables Associés pressentait en 2023 en demandant à la Cour des comptes de lancer une enquête sur la gestion de Paris à l’issue des 2 mandats de l’édile socialiste.

Pas de quoi pavoiser.

Selon la CRC, la dette de la Ville est passée de 6,47 milliards d’euros en 2021 à 8,6 milliards en 2024. Ce passif pourrait atteindre 9,3 milliards en 2025.

Cet effet tobogan résulte notamment d’un recours massif à l’emprunt pour financer des investissements – 1,6 milliard d’euros par an en moyenne – destinés au logement social et à la transition écologique.

En parallèle, la Ville a subi une chute des recettes liées aux droits de mutation sur les transactions immobilières.

Ce manque à gagner est d’environ 300 millions d’euros en 2023. Même la hausse de 51,8 % de la taxe foncière votée en 2023 n’a pas suffi à compenser cette baisse.

Ce n’est pas tout : entre 2021 et 2024, les dépenses de fonctionnement ont crû de 13 %, contre seulement 11,6 % pour les recettes.

La Ville emploie aujourd’hui plus de 50 000 agents, soit 2,5 fois plus que Londres pour une population comparable.

Ville de Paris : les intérêts de la dette explose

Vis sans fin, les charges de personnel continuent de croître. La CRC recommande de « maîtriser la dynamique des dépenses de gestion » et identifie des marges de manœuvre dans la masse salariale.

Elle appelle également à un contrôle strict de l’encours de la dette pour éviter que la situation ne devienne structurellement insoutenable.

Car, outre le logement social et la transition écologique, Paris a consacré des fonds à des projets structurants, dont la rénovation d’équipements sportifs ou la création de nouveaux espaces verts.

Autant de chantiers majoritairement financés par l’emprunt, ce qui alimente la spirale de la dette et réduit les marges de manœuvre pour d’autres dépenses.

En 2025, le service de la dette (intérêts) devrait atteindre 225 millions d’euros, soit presque la moitié du budget nécessaire pour financer la transition énergétique de la ville.

La maire Anne Hidalgo et son adjoint aux finances Paul Simondon contestent certains éléments du rapport, dénonçant des « erreurs matérielles significatives » et un calendrier « inhabituel » de présentation.

Mais pour l’opposition de droite et du centre, les chiffres confirment ce qu’elle dénonce depuis des année : une trajectoire budgétaire insoutenable, des dépenses de fonctionnement trop élevées et un endettement exponentiel.

Ces chiffres ne nous surprennent pas. En effet, il est de bon ton de rappeler que si la Ville a doublé sa dette en 10 ans, la mobilisation citoyenne peut peser sur la gestion publique !

À quelques mois des municipales, la question financière s’impose désormais comme un enjeu central de la campagne.

Comme au niveau national,  les candidats à la mairie devront répondre aux défis de l’endettement et de la maîtrise des dépenses.

Votez pour soutenir les propositions 2025 de Contribuables Associés en faveur du contrôle et de la baisse des dépenses publiques

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