Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Budget 2026 : trop d’impôts, pas assez de réductions de la dépense publique

© Alexandros Michailidis / Shutterstock
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Budget 2026 : l'État refuse de se serrer la ceinture et demande au contribuable de financer son inertie et ses erreurs de gestion. Résultat, la pression fiscale va flamber pour les particuliers comme pour les entreprises.

L’examen du Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 confirme un choix stratégique lourd de conséquences : face à l’urgence budgétaire, l’État préfère activer le levier fiscal plutôt que d’opérer la réduction de dépenses qu’il impose à ses administrés.

Ce budget 2026 n’est pas celui du courage, mais celui de la facilité politique.

Après des « années perdues » où les efforts de redressement ont été repoussés, le déficit public de 2025 atteint le niveau alarmant de 5,4% du PIB et devait être ramené à environ 4,7% en 2026. Après tripatouillage budgétaire, il se situera plus vraisemblablement autour de 5%.

Conséquence directe des festins de la veille, la dette (plus de 3 400 milliards d’euros), s’alourdit mécaniquement. Sa charge (remboursement) passant de 58 milliards d’euros en 2024, à 67 milliards d’euros en 2025. Près de 100 milliards sont annoncés à la fin de la décennie, selon les projections de la Banque de France.

Cette perspective contraint l’exécutif à trouver 110 milliards d’euros d’ici 2029 pour revenir sous les 3% de déficit et se mettre en conformité avec les critères européens.

Cet impératif aurait dû inciter l’État à se serrer la ceinture. Il fait l’inverse : la dépense publique globale est loin de se contracter. Le PLF prévoit qu’elle continue d’augmenter de 36 milliards d’euros l’année prochaine. Même la dépense primaire (celle qui exclut la charge de la dette) devrait progresser de 29 milliards d’euros.

Cette inertie a un prix. C’est le contribuable qui en fera les frais.

Même si cette mesure a été provisoirement rejetée, la version initiale du budget 2026 prévoit, par exemple, de récupérer 1,9 milliard d’euros via le gel du barème de l’impôt sur le revenu (IR) et de la CSG.

En refusant d’indexer les tranches d’imposition sur l’inflation (prévue à 1,3% en 2026), l’État pousse mécaniquement les contribuables dans la tranche supérieure (fiscal drag). Cette démarche en dit long sur le reste.

Si le gouvernement affiche une justice fiscale en trompe-l’œil en étrillant les plus fortunés (6,5 milliards d’euros de recettes supplémentaires prévues en 2026), il manque de courage quand il s’agit de réduire ses propres dépenses.

Bon exemple du genre : le recours aux cabinets de conseil.

Bien que la France soit un des pays européens comptant le plus de fonctionnaires, la direction de la haute fonction publique peine à freiner le recours à des consultants extérieurs. C’est par exemple le cas de la Délégation interministérielle à l’encadrement supérieur de l’État (DIESE), dont les dépenses ont encore augmenté en 2024 malgré les consignes de modération liées à l’affaire McKinsey.

Dans son avis sur le projet de loi de Finances 2025/2026, le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) est sans illusion. Il souligne que les économies annoncées en dépenses publiques sont très faibles (0,1 point de PIB) et que les hausses de prélèvements sont beaucoup plus élevées, ce qui pourrait indiquer une trajectoire budgétaire peu crédible.

En reportant les ajustements nécessaires, l’État maintient la dette publique à un niveau qui flirtera avec 118 points de PIB en 2026.

Reculer pour mieux sauter : le PLF 2026 est un budget attentiste qui, en refusant d’assumer la sobriété, expose les contribuables français au risque d’une « austérité imposée » par les créanciers ou les institutions européennes d’ici à 2030.

Une réponse

  1. Trop de dépenses publiques, bien sûr ! Cette idée de baisser d’abord les dépenses publiques pour équilibrer les budgets publics était très contredite jusqu’à il y a 2 ans. Elle arrive maintenant à faire pratiquement consensus chez les gens dont la voix porte dans les médias. Donc, ne soyons pas trop pessimistes. Les choses bougent. Insensiblement.
    L’histoire de la dette publique par exemple peut donner de l’espoir. Jusqu’à avant les européennes de l’année dernière sauf quelques entêtés dont je faisais partie, c’était un sujet à ne pas évoquer. Ou à tronquer. Trop sulfureux. Un ami à moi, droite bon teint, genre les LR façon J. Chirac depuis toujours, féru de la chose publique, parlait même avant le chambardement politique des 18 derniers mois d’un simple jeu d’écriture pour dégager en touche sur ce sujet qui me tenait à cœur. Ah ! Bon !
    Aujourd’hui la question de la dette publique est sur toutes les lèvres. Tout le monde connaît le chiffre 3400 ( 3500 maintenant sur le bandeau du site C.A.) et sait à quoi il se rapporte.
    Comme quoi, le pire, ou l’ignorance feinte (ou réelle même) n’est jamais sûr !

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