Où passe l’argent ? C’est la question qui taraude une majorité de Français.
Selon un sondage Elabe publié le 3 décembre, 87 % des sondés jugent que l’argent public est mal – voire très mal – utilisé.
Sans appel, ce verdict est partagé par toutes les catégories sociales et politiques. La défiance culmine chez les électeurs du RN et chez les Français peinant à boucler leurs fins de mois.
Comme l’a montré Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, un impôt n’est véritablement accepté que s’il est perçu comme juste, transparent et finançant des services utiles à tous.
On en est loin !
Globalement, le « pacte fiscal » est jugé biaisé, caduque, déséquilibré.
59 % des Français ont le sentiment de contribuer davantage qu’ils ne reçoivent. En corolaire, pour 87 % des sondés, la gestion publique manque de transparence. Ils ne sont que 12 % à considérer que l’État agit avec clarté.
A ce malaise s’ajoute la perception d’un service public en déclin.
Ainsi, 62 % des Français se déclarent insatisfaits de sa qualité, et 66 % estiment qu’elle s’est fortement dégradée.
Les critiques les plus acerbes visent la justice (68 % d’insatisfaits), les routes (58 %), les hôpitaux (57 %) ou encore les services administratifs (55 %). Seules les forces de l’ordre échappent à la tempête avec une majorité de satisfaits (53 %).
La gestion de l’argent public alimente des torrents de fiel.
85 % des contribuables ne font pas confiance au gouvernement, ni au Parlement et aux ministères (83%) pour gérer l’argent qu’on leur extorque.
Les priorités budgétaires exprimées par les contribuables sondés sont cohérentes.
Ils refusent de toucher au fonctionnement des services publics du quotidien, mais réclament des coupes franches ailleurs.
Une majorité (77%) veut réduire les dépenses consacrées aux cabinets de conseil, ainsi que celles (75%) liées au fonctionnement de l’État, sans oublier la communication des institutions publiques (70%) que Matignon a récemment promis de réduire.
En tête des mesures les plus attendues pour un meilleur usage des deniers publics, les sondés demandent la révision des avantages des anciens élus et des hauts fonctionnaires (50 %), la lutte contre le gaspillage administratif, et un contrôle renforcé des achats publics.
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3 réponses
Entièrement d’accord avec tous ces constats.
La fiscalité devient insupportable et a des effets négatifs , moins de consommation,
méfiance donc épargne prudente, exil des plus fortunés.
De plus en plus de pauvres qui voteront pour ceux qui augmentent leur nombre.
Il va de soi que nous n’en avons nullement pour notre argent, l’état des routes est déplorable, les services se reposent énormément sur les contribuables, on informatise tout pour simplifier le travail
mais on ne pense nullement à celui, en bout de chaîne, qui va devoir l’accomplir etc…
Le problème c’est qu’il n’y a pas de règles et quand il y en a elles sont contournées ou ignorées. On le voit sans cesse, avec Mme Hidalgo par exemple qui contourne le conseil pour autoriser ses dépenses en nommant un adjoint décideur, à sa botte. On le voit quand Bercy rattrape les membres du conseil constitutionnel en les imposant sur une partie de leurs indemnités. Aussi tôt le premier ministre pond une note accordant une augmentation des dites indemnités pour rattraper la partie versée u fisc. Cette augmentation aurait dû être votée par le parlement, le premier ministre n’avait pas le droit de le faire. Ceci a été dénoncé mais l’augmentation est restée et personne n’a rien dit. Alors pourquoi se gêner ? Ils décident même de ce pourquoi ils n’ont aucun pouvoir et on laisse faire.