Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

CPF : le hold-up silencieux de l’État sur la formation des Français [tribune]

Il existe des impôts visibles, débattus, votés. Et puis il existe des prélèvements plus discrets, presque honteux, qui avancent masqués, sans débat public, sans véritable opposition médiatique.

Une tribune de Magalie Vicente, consultante en communication politique – dirigeante de LeadOn

Alors que le gouvernement nous avait promis des économies dont on attend toujours les sources concrètes, il a préféré trouver encore une source de taxation sur le dos des travailleurs français.

Le démantèlement progressif du Compte Personnel de Formation (CPF) appartient clairement à cette seconde catégorie.

À compter du 26 février 2026, des millions de Français auront perdu un droit fondamental : celui d’utiliser librement l’argent issu de leurs propres cotisations pour se former.

Un droit financé par les travailleurs, confisqué par l’État.

Le CPF n’est pas une aide sociale.
Ce n’est pas un cadeau de l’État.
Ce n’est pas une dépense publique généreuse.

Le CPF est financé par le travail, par des cotisations prélevées sur les salaires.
Il appartient donc, légitimement, à celles et ceux qui l’ont alimenté.

Or que fait aujourd’hui l’État ?

Sous couvert de “sécurisation” du dispositif, il a décidé :

  • d’imposer une participation financière obligatoire à chaque utilisation du CPF,
  • fixée aujourd’hui à 103 euros,
  • avec une augmentation automatique indexée sur l’inflation,
  • et ce, à chaque mobilisation, puisque le CPF est désormais plafonné.

Autrement dit :

vous payez pour constituer votre CPF,
vous payez pour l’utiliser,
et vous paierez de plus en plus pour y accéder.

CPF : une double peine en pleine crise économique et sociale

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement cynique.

👉 Crise du pouvoir d’achat
👉 Instabilité de l’emploi
👉 Reconversions professionnelles de plus en plus nécessaires
👉 Accélération des transformations économiques et technologiques

Jamais les besoins de formation n’ont été aussi cruciaux.
Jamais l’autonomie professionnelle n’a été aussi déterminante pour l’avenir des individus.

Et pourtant, c’est précisément au moment où les Français ont le plus besoin de se former que l’État choisit :

  • de restreindre l’accès à cet outil,
  • de décourager son usage,
  • et de faire des économies… sur l’argent des travailleurs.

Pire encore :
ce mécanisme permet à l’État non seulement d’économiser, mais de gagner de l’argent sur un dispositif censé appartenir aux citoyens, puisqu’à chaque fois que vous l’utiliserez, vous serez obligés de payer à nouveau 103 euros.

Le prétexte de la “sécurité”, encore et toujours

L’argument avancé est désormais bien connu :
la lutte contre la fraude, la sécurisation du système, la responsabilisation des usagers.

Mais depuis plusieurs années, ce même prétexte sert à tout justifier :

  • la restriction des libertés individuelles,
  • l’encadrement croissant de l’initiative privée,
  • la suspicion généralisée envers les citoyens actifs.

Au lieu de s’attaquer sérieusement aux dérives, au lieu de prendre des décisions politiques courageuses, le gouvernement a choisi la solution la plus simple : faire payer ceux qui travaillent.

Encore.

Magalie Vicente

5 réponses

  1. La formation professionnelle : voilà un bel exemple de dispositif  »de confort » mis en place au fil des dernières décennies et qu’on n’a pas les moyens de se payer.
    En gros selon les chiffres que j’entends, la formation professionnelle coûte 30 à 35 milliards €. annuellement au pays, toutes participations confondues. C’est considérable.
    Quand on voit ce qu’on peut faire avec les tutoriels sur internet… sans formateur(s), sans déplacements en présentiel, sans coûts induits, à la carte, en se formant à tête reposée, gratuits pour beaucoup de tutoriels, sans petits malins avides de fraude à l’argent public à la clé…
    Si l’état regarde comment faire des économies sur ce sujet, je ne peux que l’encourager et valider sa démarche !

    1. Sauf que ce n’ est pas de l’argent publique : c’est d’abord du travail, ensuite des cotisations et enfin des formations.
      Encore une fois
      , détournement de fonds par l’Etat 😡 et hold up sur le travail, comme les taxes pour frais de Chambres de Métiers ou de CCI 🤬

  2. Il me semble que la puissance publique (état et régions) finance la formation professionnelle pour une grosse part. Ensuite il y a certes les cotisations. Dans le 2 cas il s’agit de dépenses publiques, financées soit par de l’impôt, soit par des cotisations (taxes) plus ou moins obligatoires … soit, pire pour l’état, par des dettes remboursables par les générations futures, puisque l’état est noyé sous les dettes faites pour son train de vie et pour renflouer régulièrement tout ce qui est déficitaire.
    Tout ça dans le pays quasiment le plus imposé, le plus taxé ou le plus endetté au monde.
    D’où mon raisonnement consistant à dire : oui aux coups de rabot et à la diminution des dispositifs de confort qu’on n’a pas les moyens de se payer .
    cqfd !

    1. Non ! La formation professionnelle est financée par les cotisations des entreprises, c’est-à-dire sur le résultat, sur le salaire des collaborateurs, sur la rémunération du dirigeant… Bref, il ne faut pas mélanger l’impôt qui finance indirectement tout et n’importe quoi et les cotisations qui sont ciblées. Donc l’URSSAF prélève aux entreprises des cotisations pour financer la formation professionnelle et après l’État se sert pour faire des économies qu’il n’est pas capable de faire par des mesures courageuses. C’est bien ce qu’on appelle un hold-up !

      1. Selon ce que je lis, les régions via les PRF financent la formation professionnelle.
        Et quid de la formation professionnelle des fonctionnaires des 3 fonctions publiques, notamment la fonction publique d’état ?
        Et quid du financement public de France Travail qui intervient dans la formation professionnelle ?

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