Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Audiovisuel public : ces gaspillages d’argent public révélés par la commission Alloncle

Victor Velter / Shutterstock
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a terminé ses travaux le 8 avril, et il faut espérer que son rapport ne sera pas mis à l’index à l’issue du vote programmé le 27 avril prochain.

On cherchait le pluralisme à l’antenne, on l’a trouvé… dans les dépenses, pour certaines suspectes.

Car malgré les tensions et les affrontements, la commission Alloncle a permis de faire émerger une masse d’informations précieuses, jusque-là peu visibles, sur le fonctionnement d’un secteur financé par tous les contribuables.

C’est le 27 avril prochain que les 30 députés qui composent la commission se prononceront pour ou contre la publication de la synthèse de ces activités.

Si une majorité vote pour, le rapport sera rendu public. Dans l’hypothèse inverse, il restera sous le boisseau.

Le point le plus marquant révélé par la commission d’enquête concerne le gaspillage d’argent public

Plusieurs exemples ont été cités : indemnités de départ atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros, flotte de véhicules de fonction difficilement justifiable, ou encore des frais de taxi culminant à 3,8 millions d’euros en 2024.

S’y ajoutent des dépenses d’hébergement très élevées lors de certains événements comme le Festival de Cannes malgré un contexte budgétaire contraint.

Les niveaux de rémunération ont également été pointés du doigt. Chez France Télévisions, le salaire moyen atteignait 71 490 euros brut annuels en 2023, soit près de 6 000 euros par mois, plaçant les salariés du groupe parmi les 9 % des Français les mieux rémunérés.

Au sommet de la hiérarchie, une trentaine de dirigeants percevraient des revenus supérieurs à celui du président de la République, fixé à environ 16 000 euros brut mensuels.

Dans un secteur financé à hauteur d’environ 4 milliards d’euros d’argent public, ces niveaux de rémunération semblent contradictoires avec la bonne gestion des deniers publics.

La commission Alloncle a aussi mis en évidence des situations assimilables à des privilèges ou à des conflits d’intérêts

Près d’un milliard d’euros, soit l’essentiel du coût de grille de France Télévisions, est consacré à l’achat de programmes auprès de producteurs privés. Or, une part significative de ces montants se concentre entre quelques grands groupes comme Banijay, Mediawan ou Together Media, alimentant l’hypothèse de rente de situation.

Autre exemple souligné par la commission, le triplement en deux ans de certains volumes de contrats renforce les interrogations sur d’éventuels mécanismes de favoritisme, appelant à un encadrement plus strict et à des règles de déontologie renforcées.

Au fil des auditions, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a dû répondre aux critiques sur la gestion du groupe et ses dépenses, tandis que certains journalistes et figures médiatiques ont été pointés pour leurs prises de position ou leur proximité supposée avec des responsables politiques.

Certains cas ont défrayé la chronique, notamment celui de Nathalie Darrigrand, ancienne dirigeante de France Télévisions, partie avec près de 400 000 euros d’indemnités avant de rejoindre une société de production avec laquelle… elle avait contractualisé !

Après 6 mois de travaux, 67 auditions et près de 234 intervenants entendus, la commission jette une lumière crue sur des dysfonctionnements, tant dans la gestion financière que dans la gouvernance et les pratiques internes de l’audiovisuel public.

La publication du rapport, soumise au vote des parlementaires le 27 avril, constituera une étape déterminante pour inscrire ces constats dans le débat public et, éventuellement, engager des réformes dont les contribuables ne pourront que se réjouir.

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