Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

France Télévisions : un réveil budgétaire bien tardif

Après des années de dérive budgétaire pointées par la Cour des comptes, France Télévisions promet enfin de réaliser des économies.

Il aura fallu des polémiques sur les taxis et une pression politique accrue pour que la nécessité de réduire les coûts figure enfin à l’ordre du jour de l’audiovisuel public.

Alors que la Cour des comptes évoque une « situation financière critique » et que la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a révélé de nombreuses failles, dont un pilotage financier défaillant, France Télévisions dévoile un plan d’économies.

Dans un courrier adressé au Premier ministre le 14 mars dernier, Delphine Ernotte, PDG de France télévisions, promet un effort « inédit » de 150 millions d’euros.

Dans le détail, les dépenses de taxi (passées de 2,1 à 3,8 millions d’euros entre 2019 et 2024), révélatrices d’une gestion en roue libre, seront divisées par deux, promet-elle.

Les frais de mission seront rabotés à hauteur de 2,3 millions d’euros.

Enfin les salariés parisiens ne devraient plus disposer de véhicules de fonction (53 véhicules de fonction recensés en 2026/coût d’environ 256 000 euros par an)

Autre coup de vis annoncé, sur les frais de communication.

Le groupe annonce une baisse de 20 % des dépenses publicitaires destinées à promouvoir ses programmes.

Au-delà de ces mesures visibles, la direction promet des réformes structurelles censées répondre aux critiques de la Cour des comptes.

Une négociation sociale a été engagée pour revoir l’organisation du temps de travail, les rémunérations et l’adaptation des métiers au numérique, affirme la direction de France TV. Objectif affiché par Delphine Ernotte : contenir l’expansion de la masse salariale, un point noir régulièrement pointé par la Cour des comptes.

En parallèle, des projets de transformation concernant la fabrication des émissions d’information et des programmes sont annoncés. Il s’agira, affirme France TV, de mutualiser les moyens, de limiter les doublons entre chaînes et d’optimiser les ressources techniques et humaines.

La direction évoque également un pilotage plus strict des effectifs et une gestion des charges plus rigoureuse.

Reste à savoir si ces annonces seront suivies d’effets et suffisantes pour rassurer la Cour des comptes.

Dans un rapport publié en septembre 2025,  elle épinglait une dérive des charges de personnel et de fonctionnement, alors que les capitaux propres du groupe évoquent une peau de chagrin. Selon la Cour, ils seraient tombés de 294 à 179 millions d’euros entre 2017 et 2024.

Problème collatéral : depuis 2021, relèvent les magistrats financiers, les capitaux propres du groupe, sont inférieurs à la moitié du capital social, un seuil critique selon le Code de commerce (cf. art. L.225-248).

Concrètement, cela signifie que l’entreprise a accumulé trop de pertes et ne dispose plus d’un matelas financier suffisant pour absorber les chocs.

La Cour des comptes alerte sur un risque réel de rupture financière à l’horizon 2026 si aucune mesure de redressement n’est prise.

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