Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

PSG : combien les émeutes du week-end vont-elles coûter aux contribuables ?

Alexandros Michailidis/Shutterstuck
Les premiers chiffres permettent déjà d’estimer le coût global violences entre 20 et 60 millions d'euros, dont 10 à 20 millions à la charge directe de l'État, des communes et donc du contribuable.

Après les émeutes, l’addition : le sacre européen du PSG a donné lieu à des moments de chaos et à de nombreuses destructions dans la nuit du 30 au 31 mai malgré la mobilisation d’environ 22 000 policiers et gendarmes, dont 8 000 à Paris et dans son agglomération.

Pour les contribuables, la facture globale des émeutes s’annonce déjà lourde

En additionnant forces mobilisées, dégâts, pillages, justice, secours et assurances, le coût global peut être provisoirement estimé entre 20 et 60 millions d’euros, dont au moins 10 à 20 millions directement supportés par les finances publiques.

Premier poste : le maintien de l’ordre.

L’arrêté du 26 janvier 2022 retient, pour certaines interventions, un tarif de 16 euros par heure en semaine, 20 euros le samedi, 24 euros la nuit et 32 euros le dimanche ou jour férié. Appliqués mécaniquement aux 22 000 policiers et gendarmes mobilisés pendant huit à dix heures, ces montants donnent une fourchette allant de 3,5 à 7 millions d’euros.

Cette base ne couvre pas l’ensemble des dépenses engagées: commandement, véhicules, carburants, matériels, transmissions, heures supplémentaires et logistique qui peuvent porter le coût réel de l’opération autour de 6 à 10 millions d’euros.

Le coût des munitions est plus spectaculaire que décisif. Le prix unitaire exact d’une grenade lacrymogène tirée n’est pas publié dans les bilans de maintien de l’ordre.

Les marchés publics sont passés par lots : en 2023, l’État a engagé plus de 78 millions d’euros d’achats de grenades, cartouches-grenades et munitions de maintien de l’ordre sur plusieurs années. Les modèles utilisés, comme la CM6 ou la GM2L, sont des munitions spécialisées, non comparables à un aérosol du commerce. En retenant une hypothèse haute de 50 à 150 euros par munition et plusieurs milliers de tirs, l’ordre de grandeur se situe entre 100 000 et 150 000 euros. C’est beaucoup pour une nuit, mais ce n’est pas l’épicentre de la facture.

Le cœur de l’addition des émeutes est à chercher dans les dégradations.

À Paris, des commerces ont été pillés ou vandalisés ainsi qu’à Rennes, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Grenoble ou Toulouse ; à Strasbourg, plusieurs magasins ont été touchés et six policiers blessés. En 2025, après le précédent sacre européen du PSG, les autorités avaient recensé 692 départs de feu, dont 264 véhicules, et certains dégâts commerciaux atteignaient déjà 400 000 euros pour quelques installations détruites.

Faute de bilan assureur, une estimation prudente retient 300 à 500 sinistres significatifs, entre véhicules brûlés, vitrines, stocks pillés, rideaux métalliques, mobilier urbain, abribus et nettoyage. Avec 15 000 à 50 000 euros par dossier, la fourchette des dommages privés et publics va de 5 à 25 millions d’euros.

Elle reste inférieure aux émeutes urbaines de 2023, chiffrées par France Assureurs à 730 millions d’euros pour 15 600 sinistres, mais sera répercutée dans les primes d’assurances ou les demandes d’indemnisation adressées à l’État.

Les conséquences judiciaires et médicales des émeutes ajoutent une couche de dépense supplémentaire

Pour les 457 gardes à vue, la rétribution publique d’un avocat peut atteindre 300 euros hors taxes lorsqu’il assiste le justiciable gardé à vue lors des auditions ; cela représente déjà jusqu’à 137 000 euros hors taxes si tous les mis en cause en bénéficient.

Les condamnations correctionnelles entraînent en outre un droit fixe de procédure de 254 euros par condamné, mais ce montant ne couvre pas le coût réel des magistrats, greffiers, escortes, enquêtes, expertises et audiences. Avec les comparutions immédiates, classements, poursuites et éventuelles détentions provisoires, dont le coût est évalué par le ministère de la Justice autour de 117 à 130 euros par jour et par détenu, le poste judiciaire peut raisonnablement être évalué entre 500 000 et 2,5 millions d’euros. 

Il faut enfin ajouter les secours et la santé : 219 blessés recensés dans un premier bilan, dont huit graves, sans compter les interventions de pompiers et du Samu. 3 personnes sont mortes accidentellement à Paris.

Les seuls passages aux urgences ne se résument pas au forfait patient urgences (FPU) de 23 euros, qui n’est qu’un reste à charge ; les hospitalisations graves, transports, gardes médicales et soins critiques peuvent vite faire monter la note de quelques centaines de milliers à plus d’un million d’euros.

Au total, la facture la plus défendable se situe donc entre 20 et 60 millions d’euros. Dans ce total, les contribuables paieraient directement 10 à 20 millions : police, gendarmerie, justice, secours, hôpitaux, nettoyage et mobilier public. Le reste pèsera sur les commerçants, automobilistes, assureurs et assurés.

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