Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Martinique : un milliard de dettes, les contribuables à la rescousse ?

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La Chambre régionale des comptes dresse un constat alarmant sur les finances de la Collectivité territoriale de Martinique. Dépenses galopantes, fournisseurs impayés, dette abyssale : de nouvelles hausses d'impôts sont à prévoir.

En Martinique, l’art de vivre à crédit a trouvé sa consécration : les générations futures sont désormais invitées à régler les dépenses de leurs aînés.

La Collectivité territoriale de Martinique (CTM) croule sous 977 millions d’euros de dettes, un encours en hausse de 28 % entre 2021 et 2024.

Un montant presque équivalent à son budget annuel !

La Chambre régionale des comptes juge sa situation « critique » et dénonce un déséquilibre financier structurel.

Dette de la Martinique : des dépenses qui s’emballent

Depuis 2016, la CTM remplace le conseil général et le conseil régional. Son exécutif est présidé depuis 2021 par Serge Letchimy, membre du Parti progressiste martiniquais (autonomiste).

Sous sa mandature, les dépenses de fonctionnement ont bondi de près de 12 % entre 2022 et 2025, tandis que les recettes n’augmentaient que de 1 %.

Huit des dix recommandations émises en 2021 pour fiabiliser les comptes sont restées lettre morte.

Les fournisseurs, eux, attendent leur argent : 131 jours en moyenne pour être payés, contre 30 jours réglementaires.

La collectivité mettrait désormais vingt ans à rembourser sa dette si elle y consacrait l’intégralité de son épargne brute. La Chambre dénonce également une organisation défaillante et des investissements financés à coups d’emprunts.

Serge Letchimy plaide l’héritage d’une situation dégradée et la baisse des dotations de l’État, réduites de 7,4 % entre 2021 et 2024.

Mais les magistrats financiers relèvent que les recettes fiscales ont parallèlement progressé de 10,3%.

Dette de la Martinique : des hausses d’impôts en vue

Qui paiera les pots cassés ? Parmi les pistes envisagées figurent des hausses de taxes sur les immatriculations, le tabac et l’octroi de mer, impôt qui renchérit les produits consommés sur l’île.

Une perspective explosive dans un territoire déjà miné par la vie chère.

La fiscalité locale en est l’un des principaux moteurs, soulignait en janvier le chef d’entreprise Olivier Huyghues Despointes dans sa tribune sur la vie chère en Martinique, publiée par Contribuables Associés.

L’exécutif promet d’appliquer les quinze recommandations de la Chambre et de rétablir les comptes d’ici 2030. Son plan de redressement doit être présenté le 24 septembre.

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