Il aura fallu près de trois ans de demandes, de relances et de procédures pour que les notes de frais de Carole Delga finissent par sortir des tiroirs de la Région Occitanie.
Une inertie qui, comme à Paris sous les mandats d’Anne Hidalgo, illustre les réticences persistantes de certaines collectivités dès lors qu’il s’agit de se soumettre aux exigences de transparence imposées par l’utilisation d’argent public.
Le média d’investigation indépendant dévoile ainsi 145 467 euros de dépenses engagées entre juillet 2021 et décembre 2025 par la présidente socialiste de la région Occitanie.
Âgée de 54 ans, figure de l’aile sociale-démocrate du Parti socialiste, proche de François Hollande, Carole Delga dirige l’Occitanie depuis 2016. L’ancienne secrétaire d’État au Commerce a progressivement pris une place centrale dans les rapports entre les exécutifs régionaux et Paris.
Carole Delga : des dépenses au frais du contribuable
C’est cette fonction nationale qui explique l’essentiel des dépenses relevées par Médiacités.
Selon le décompte du média, 70 213 euros concernent les transports et 62 217 euros les hôtels. Plus de 200 déplacements ont été recensés, « la très grande majorité » entre Toulouse et la capitale.
Vols Air France, hôtels haut de gamme, trajets en première classe : la présidente de Région aime le confort.
La collectivité assume ces dépenses.
Interrogée par Médiacités, elle explique que « les lieux de décision, ministères et instances, sont concentrés à Paris » et qu’il est nécessaire pour Carole Delga de « défendre les intérêts des Régions et faire entendre la voix des citoyens et des territoires ».
La transparence des dépenses des élus au cœur des révélations
Reste qu’après avoir défendu un « budget de responsabilité », notamment marqué par la hausse du prix des cartes grises, les dépenses de l’exécutif régional alimentent les critiques.
Alors que les frais de Carole Delga ont fini par émerger, ceux de Laurent Wauquiez font toujours l’objet d’un black-out.
Malgré une décision du Conseil d’État rappelant que les notes de frais des élus sont des documents administratifs communicables, la Région Auvergne-Rhône-Alpes reste sourde aux demandes de Médiacités.
De quoi rappeler que, de gauche comme de droite, la culture de la transparence est encore loin d’être acquise dans les grandes collectivités françaises.
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