Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

La tirelire du Mont-Saint-Michel suscite les convoitises

Suhutterstock/Contribuables Associés
Une lutte feutrée pour la maîtrise des millions générés par l’abbaye oppose le Centre des monuments nationaux et l’établissement public chargé de la gouvernance du site. Une querelle que Matignon devra trancher.

Le Mont-Saint-Michel n’est pas uniquement un joyau classé au patrimoine mondial.

C’est aussi une machine à cash.

Environ 6 millions d’euros de bénéfices, issus pour l’essentiel des recettes de l’abbaye, entrent chaque année dans les caisses. La répartition de cette tirelire alimente depuis des années une rivalité institutionnelle, rappelle Le Canard enchaîné.

Sur le ring financier, on trouve, d’un côté, le Centre des monuments nationaux (CMN), gestionnaire historique de l’abbaye.

De l’autre, l’établissement public (EPIC) créé en 2019 pour coordonner l’ensemble du site, mais privé de ressources propres correspondant à ses ambitions.

À la mi-janvier, la présidente du CMN, Marie Lavandier, a annoncé un plan de 50 millions d’euros d’investissements sur 10 ans, ajoute Le Canard enchaîné.

Elle invoque l’urgence de lutter contre la corrosion et les risques de chutes de pierres. L’information, relayée par France 2 et Ouest-France, a fait grand bruit.

Officiellement, il s’agit de protéger la « Merveille » dont la première pierre fut posée en 708.

Officieusement, l’objectif serait surtout de sanctuariser la quasi-totalité des bénéfices futurs au profit du CMN, avant que l’État ne redéfinisse les règles du jeu.

Car l’EPIC avance ses propres chiffres : près de 30 millions d’euros nécessaires pour moderniser les parcours de visite, fluidifier les accès et améliorer l’accueil du public.

Selon Le Canard enchaîné, ses dirigeants dénoncent une gestion trop lourde et une redistribution inéquitable des recettes.

Le sujet est assez sensible pour être remonté jusqu’à Matignon, chargé de désigner un chef de file unique et de revoir la clé de répartition financière.

Le Monde, dans une récente chronique sur la gouvernance des grands sites patrimoniaux, évoque un « cas d’école » où l’enjeu budgétaire dépasse largement la simple querelle d’organigramme.

En attendant l’arbitrage, une convention financière provisoire prolonge un statu quo bancal durant lequel chaque protagoniste fourbit ses armes.

***

LE LIVRE INDISPENSABLE À TOUT CONTRIBUABLE ! 

Vous pouvez vous procurer « Le livre noir de l’argent public » dès aujourd’hui en cliquant ici ou sur le bouton ci-dessous.

3 réponses

  1. Cela prouve bien qu’il y a beaucoup trop de satellites de l’Etat qui vont à la gamelle. Dans mon gouvernement idéal, il n’y aurait qu’un seul interlocuteur : le ministère. Tout le reste, ce sont des privilégiés qui nous coutent « un pognon de dingue » : à supprimer d’urgence toutes ces structures inutiles.

  2. Le mont saint Michel est une commune, donc les recettes devraient être perçues par la commune qui les injecterait dans le budget communal. Il semble qu’il y ait beaucoup d’argent, donc l’état supprime certaines dotations et dit à la commune de gérer les bénéfices pour l’ensemble de la commune. Pourquoi un CMN d’un côté et un EPIC de l’autre ? Voilà 2 institutions qui doivent employer des tas de gens bien payés alors que l’argent devrait être employé pour le bien des habitants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *