Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Budget 2026 : l’illusion d’un redressement, la menace d’un nouveau tour de vis fiscal

Bartolomiej Pietrzyk / Shutterstock
Adopté au forceps, le budget 2026 promet un déficit ramené à 5 % du PIB. Mais derrière cet affichage, la dette continue de flamber et une énième hausse des prélèvements obligatoires grève l’avenir.

La Cour des comptes, officiellement présidée par Amélie de Montchalin depuis le 23 février, a dressé un constat pessimiste sur le budget 2026 quelques jours avant sa prise de fonction.

Cocasse : la Cour des comptes critique ainsi la solidité prospective d’un budget que sa nouvelle présidente a contribué à bâtir lorsqu’elle était à Bercy.

Dans ce rapport (publié le 19 février)¹ la Cour estime que ramener le déficit à 5 % du PIB cette année est un objectif « incertain », malgré le léger mieux enregistré en 2025.

L’an dernier, le déficit est revenu à 5,4 % du PIB après un pic à 5,8 % en 2024. L’ajustement reste toutefois limité à 0,4 point de PIB, loin des ambitions initiales qui prévoyaient le double.

Pour 2026, le budget prévoit 12,4 milliards d’euros de hausses des prélèvements obligatoires et 11 milliards d’économies afin d’atteindre les 5 %. Mais des « risques importants » pèsent sur les recettes comme sur les dépenses : comportements d’optimisation fiscale des grandes entreprises, inflation plus faible que prévu, possible dégringolade des comptes de la sécu et économies peu documentées sur les opérateurs de l’État.

Même en cas de succès, la dette continuera de filer pour atteindre 118,6 % du PIB fin 2026, estime la Cour.

La charge des intérêts passera de 65 milliards d’euros en 2025 à 73,6 milliards cette année, absorbant presque l’intégralité des économies annoncées.

À l’horizon 2029, la charge de la dette pourrait frôler les 100 milliards d’euros.

Pour repasser sous les 3 % de déficit, seuil exigé par les règles européennes, la Cour chiffre l’effort nécessaire : 80 milliards d’euros sont à trouver d’ici 2029. Au rythme actuel, cet objectif sera vraisemblablement repoussé à 2032. Or, ajoute-t-elle, plus les ajustements sont différés, plus la facture s’alourdit.

La tentation de solliciter à nouveau les contribuables pour lever une partie des 80 milliards d’euros sera forte, l’État s’avérant incapable de se réformer et d’optimiser la gestion des deniers publics.

La France figurant déjà parmi les pays dont les prélèvements obligatoires sont les plus élevés de la zone euro, les magistrats avertissent qu’une nouvelle hausse pèserait sur la compétitivité, l’emploi et le consentement à l’impôt.

Ils relèvent au passage que le redressement de 2025 a reposé quasi-exclusivement sur des hausses de recettes fiscales, à hauteur de + ou – 23 milliards d’euros.

Le risque d’un nouveau tour de vis fiscal ne peut donc être écarté si la rationalisation de la dépense publique ne se concrétise pas.

1. Rapport public thématique La situation des finances publiques début 2026

Une réponse

  1. Et voilà pour le budget 2026 les  »atermoyants » ont encore gagné. On a préféré continuer dans les dettes exponentielles, sauver les apparences et les postes d’aujourd’hui au détriment des générations futures qui vont devoir payer les surcroîts de déficits.
     »Encore un instant monsieur le bourreau » disait madame du Barry sur l’échafaud !
    Ou, comment pratiquer ce que j’appelle personnellement la politique du maillon faible ou du moindre risque sur le moment. Sur qui peut on refiler notre confort d’aujourd’hui financé à coups d’emprunts ?
    Eh bien : sur ceux qui râlent le moins, bien sûr ; sur là où se situe la moindre contestation. Et qui sont ceux qui râlent le moins et qui contestent le moins ?
    Eh bien : les pas-encore-nés, cqfd !
    Et cette mécanique marche aussi en ce qui concerne les classes moyennes versus les assistés sociaux. Il est plus facile piquer de l’argent là où il y en a que de minorer les systèmes d’aides publiques tous azimuts qui arrosent tout le monde.
    En pratiquant ainsi, on enfonce les générations futures. Et on décourage les forces vives du pays d’aujourd’hui dont beaucoup d’entre elles se disent  »A quoi bon travailler pour les autres ».
    Si on décroît régulièrement dans les classements internationaux en ceci ou en cela, ça n’est pas par hasard.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *