Bonne nouvelle pour les comptes publics : après 2 années médiocres, les caisses de l’État se remplissent à nouveau.
Selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), les recettes fiscales nettes ont progressé de 3,8 % au premier semestre 2025, atteignant 257,5 milliards d’euros contre 248 milliards sur la même période un an plus tôt.
Cette amélioration des comptes fait le bonheur des comptables de Bercy et de nombreux analystes.
Ces derniers oublient parfois de souligner que si l’État encaisse davantage, c’est d’abord parce que la contribution des ménages et des entreprises est en passe de monter jusqu’au ciel.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la trajectoire est encore plus nette : les recettes ont atteint 610 milliards d’euros, (+ 7,1 % en un an).
Cette progression est plus rapide que celle de l’économie française, qui n’a crû que d’environ 2 % (en valeur). Ce surplus de recettes fiscales permet de contenir un déficit qui reste élevé, autour de 5,4 % du PIB.
Avec un niveau de recettes publiques équivalant à environ 52 % du PIB, la France figure parmi les pays développés où les prélèvements sont les plus élevés. Seule la Finlande fait un peu plus, tandis que l’Autriche se situe à un niveau comparable.
Le facteur de redressement le plus spectaculaire est dû à l’énergie.
Les taxes intérieures sur la consommation d’énergie, qui amputent le pouvoir d’achat des ménages, ont bondi de près de 74 % entre 2024 et aujourd’hui (sortie progressive du bouclier tarifaire amorcée en février 2024).
Lors de la mise en place du bouclier tarifaire, l’État avait réduit le montant de certaines taxes. Depuis, la fin du dispositif, elles ont recommencé à galoper, ce qui gonfle mécaniquement les recettes qui sont passées d’environ 2,5 milliards à plus de 6 milliards d’euros en 6 mois.
Autre facteur, les impôts sur le capital et l’immobilier ont flambé.
Les droits de mutation (les fameux « frais de notaire ») ont bondi de plus de 17 %, portés par un léger redémarrage du marché immobilier. Les taxes foncières, également en hausse, ont généré 11 milliards d’euros de recettes supplémentaires.
Pour sa part, l’impôt sur le revenu a progressé de 0,7 %, tiré par le prélèvement à la source et la taxation des revenus du capital tandis que l’impôt sur les sociétés bondissait d’environ 7 %.
Certaines mesures exceptionnelles ont aussi contribué à remplir les caisses de l’État : la contribution sur les bénéfices des grandes entreprises, la taxe sur les rachats d’actions ou encore la contribution différentielle sur les hauts revenus.
Et l’histoire est loin d’être terminée puisque, pour respecter les engagements européens et ramener le déficit sous 3 % du PIB d’ici 2029, la France doit encore trouver environ 40 milliards d’euros d’économies… ou de recettes supplémentaires en 2026.
Indicateur moins réjouissant : le rendement de la TVA, première source de recettes fiscales de l’État, a reculé de 1,1 %.
Ce tassement, estiment certains économistes, illustre la frilosité de ménages qui consomment moins, préférant épargner dans un contexte de tensions politiques internationales et de remontée du chômage (+ 0,5 % entre 2024 et 2026).
Selon les dernières estimations de l’INSEE et d’Eurostat le taux d’épargne des ménages français se situe désormais autour de 18 % à 18,5 % du revenu disponible brut (ce qui reste dans le portefeuille des ménages une fois les prélèvements obligatoires payés et les aides reçues ajoutées).
Avant la crise Covid, ce taux d’épargne tournait plutôt autour de 14-15 %.
***
LE LIVRE INDISPENSABLE À TOUT CONTRIBUABLE !
