C’est une fraude industrielle qui a conduit à des interpellations et aux mises en examen de sept suspects en mars 2026, près d’un an après l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Fraude à la Sécu : des fraudeurs organisés sur tout le territoire
Dix-huit centres de santé, en majorité des cabinets dentaires, éparpillés entre région parisienne, Marseille ou Soissons. Sur le papier, des soins à la chaîne. En réalité, des coquilles vides, des patients fantômes… et 58 millions d’euros d’argent public détournés.
Pour opérer, les escrocs ont usé de tous les subterfuges : achat de centres en difficulté, création de structures bidon, bidouillage de RIB, manipulation de logiciels, et… facturation à tour de bras.
Plusieurs milliers d’actes ont été enregistrés, parfois à plusieurs milliers d’euros chacun. Toujours au nom de bénéficiaires de complémentaires santé. Des soins ont même été facturés au nom d’un dentiste mort depuis quatre ans !
L’argent remboursé par la Sécurité sociale transitait par des comptes bancaires avant d’être retiré en liquide. Lors des perquisitions, 300 000 euros et une compteuse à billets ont été saisis. Une goutte d’eau au regard du préjudice global !
Fraude à la Sécu : le plus frappant reste la durée et l’ampleur de l’escroquerie.
Des facturations simultanées aux quatre coins du pays, des patients parfois présents à deux endroits à la fois… Autant de signaux faibles qui n’ont déclenché une alerte qu’après réception d’un courrier anonyme qui a incité la CPAM à porter plainte en avril 2025.
Sept personnes mises en examen, un réseau « très structuré » selon les enquêteurs : tout indique une fraude organisée de longue date. Et une faille béante dans les contrôles de la sécu.
Combien d’autres réseaux, moins visibles, passent encore sous les radars ?
Chaque année, la fraude sociale représente près de 14 milliards d’euros en France, dont environ 5 milliards liés aux prestations.
Moins de 5 % des sommes détournées sont récupérées, ce qui révèle l’ampleur du gaspillage et les failles persistantes dans les contrôles, estimait récemment le Haut Conseil au financement de la protection sociale.
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