Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Carburants : plus les prix montent, plus l’État encaisse

EAKARAT BUANOI/Shutterstock
« Pas de cagnotte », répète le gouvernement. Mais à la pompe, les prix explosent… et les recettes aussi. En un mois, l’État a déjà encaissé plus de 260 millions d’euros de TVA supplémentaires.

Marre des taxes. Dans les exploitations agricoles, les ports ou le transport routier, c’est déjà le ras-le-bol. Et les ronds-points pourraient bientôt se repeupler comme durant la crise des Gilets jaunes.

Carburants : une envolée des prix qui profite au fisc

Depuis le 28 février 2026, début de la guerre contre l’Iran, le prix des carburants fait de l’auto-allumage. Le gazole a pris près de 40 centimes, l’essence plus de 20 centimes, le GNR et le fioul domestique encore davantage.

À chaque passage à la pompe, la note s’alourdit. Alors qu’en parallèle, une autre facture se creuse à bas bruit : celle que les Français paient… à l’État, sans que les conducteurs ne sachent où passe l’argent que l’État ponctionne à chaque plein.

Car le prix du carburant est une poupée gigogne fiscale : si l’accise (taxe fixée par l’État sur chaque litre vendu, indépendamment du prix du pétrole) ne bouge pas, la TVA à 20 % suit, en revanche, la trajectoire des prix à la pompe.

Et la TVA s’applique non seulement sur le produit brut, mais également sur le montant de l’accise. En d’autres termes, l’État taxe une taxe, créant une inflation artificielle du prix final.

Plus le litre est cher, plus la taxe rapporte.

À chaque centime supplémentaire à la pompe, l’État récupère environ 0,167 centime (arrondi à 0,17) supplémentaire.

Même si la flambée des prix freine la demande, la valse des prix à la pompe alimente les recettes publiques aussi sûrement que le foie secrète la bile.

En reprenant les prix officiels publiés fin mars et les volumes mensuels habituels de consommation, le surplus brut de TVA acquis excède plusieurs centaines de millions d’euros sur le seul mois de mars.

Dans le détail, le gazole représente l’essentiel, avec près de 150 millions de recettes supplémentaires. L’essence (SP95 et SP98) ajoute une trentaine de millions, le GNR près de 40 millions et le fioul domestique autour de 30 millions.

Avec des prix parmi les plus élevés jamais atteints en ce début d’avril, ce surplus brut approche désormais les 300 millions d’euros.

Pas des milliards, certes. Mais certainement pas « rien », contrairement à ce qu’affirmait Bercy… avant que Matignon ne rectifie le tir et ne noie le poisson en indiquant que les « recettes supplémentaires » financeront la transition énergétique, notamment l’électrification de l’économie.

La grogne sociale s’embrase face à la taxation des carburants

Ce n’est pas tout. Depuis le 1er janvier, une autre couche s’est ajoutée à la facture : les certificats d’économies d’énergie, les fameux CEE.

Peu visibles, mais bien réels. Leur coût, répercuté dans les prix, représente 4 à 6 centimes en sus au litre par rapport à 2025.

Là encore, la TVA frappe et alourdit la facture.

Au bout du compte, ce sont des dizaines de millions d’euros de TVA supplémentaires qui tombent chaque mois grâce à ce dispositif.

Sur le terrain, la mèche brûle.

La FNSEA prévient qu’elle se mobilisera faute de mesures fortes sur le GNR (gazole non routier, réservé à certains usages professionnels). Les routiers et les autocaristes ont mené des opérations escargot. Les pêcheurs laissent leurs bateaux à quai.

Des initiatives ponctuelles (BTP, taxis, livreurs) se font jour ici et là. Tous dénoncent une explosion des coûts devenue intenable.

Car l’énergie, c’est le nerf de la guerre. Elle représente jusqu’à 30 % des charges dans le transport et 35 % dans la pêche. Dans l’agriculture, elle fait bondir les coûts de production.

Et derrière, toute l’économie encaisse le choc, des PME aux supermarchés, des artisans aux industriels, sans oublier les contribuables qui voient leur pouvoir d’achat fondre au fil des pleins.

3 réponses

  1. Merci de bien vouloir m’expliquer :

    ON nous explique que cette crise est la cause de l’inflation des produits alimentaires.
    (hausse des carburants agricoles, des engrais, …..) alors que,
    pour ceux à base de blé par exemple : Les produits qui sont déjà en rayon
    Le blé a été semé à N-2 … voire + … La farine fabriquée à N.1 …. AMEN.

    donc pas de raison de répercuter les hausses actuelles … tout comme pour l’essence

    ON nous dit Nous dépendons dues cours mondiaux …. TB.
    Qui est ce mystérieux État profond qui s’en met plein les poches ?
    Ces investisseurs sans scrupules qui régularisent le marché au grès de leurs propres intérêts

    Merci de votre attention
    Françoise VAULET – 57150 CREUTZWALD

  2. Quand on voit que l’État encaisse 300 millions de bonus sur notre dos en un seul mois, alors que des familles hésitent à faire le plein pour finir la quinzaine, c’est quand même plus que révoltant. On a vraiment l’impression d’être pris au piège d’un système où chaque kilomètre parcouru pour aller bosser engraisse Bercy au détriment de nos gosses.

    Personnellement, j’ai fini par jeter l’éponge le mois dernier. J’ai ressorti mon vieux vélo que j’ai équipé d’un kit d’électrification pour transformer mes 15 bornes de trajet en une routine presque gratuite. C’est un investissement, certes, mais c’est surtout le seul moyen que j’ai trouvé pour ne plus dépendre du prix du gasoil.

    Je sais que tout le monde ne peut pas se passer de sa voiture, surtout en zone rurale, mais pour ceux qui le peuvent, c’est un vrai soulagement de reprendre un peu de contrôle sur son propre budget. On ne peut plus attendre que les taxes baissent, elles ne baisseront jamais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *