On cherche encore la logique : d’un côté, l’exécutif s’inquiète du manque de berceaux ; de l’autre, il présente la facture à ceux qui les remplissent.
Le Conseil d’orientation des retraites rappelle que l’hiver démographique la chute de la natalité pèsera lourdement sur le financement du système de retraite par répartition et menace le financement même du modèle social.
Emmanuel Macron appelait en janvier 2024 au « réarmement démographique ».
Pourtant, au moment de passer à la caisse budgétaire, ce sont les familles nombreuses qui sont écharpées !
Familles nombreuses : la France manque de bébés, mais taxe les landaus
Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée le 15 juin, les ménages comptant trois enfants ou plus enregistrent la baisse de niveau de vie la plus élevée de toutes les catégories de population en 2026.
Ce recul (jusqu’à -1,3 %) est la conséquence du report de 14 à 18 ans de la majoration des allocations familiales.
Jusqu’à présent, les familles bénéficiaient d’un coup de pouce lorsque l’enfant atteignait 14 ans, âge où les dépenses familiales s’emballent.
Désormais, cette majoration n’intervient qu’à la majorité (pour une économie estimée à environ 250 millions d’euros dès 2026, et environ 1 milliard d’euros par an d’ici 2030 et sa pleine montée en charge).
Les familles nombreuses, qui concentrent l’essentiel de ce rabotage, représentent 14 % de la population.
Ce rabotage frappe les ménages supportant déjà les charges familiales les plus élevées.
Et, quand la coupe fiscale est pleine, elle déborde.
Durant des lustres, la politique familiale française reposait sur un principe simple : reconnaître que les enfants constituent un investissement collectif et que les familles nombreuses supportent des charges particulières.
Depuis une décennie, l’état d’esprit a changé. Mutatis mutandis, les familles nombreuses sont devenues des victimes expiatoires budgétaires.
Sous François Hollande, le plafond du quotient familial a été abaissé à deux reprises et les allocations familiales, jusque-là universelles, ont vu leur montant modulé en fonction des ressources en 2015.
Aucun gouvernement n’est revenu sur ces mesures.
Sous Emmanuel Macron (sans enfant biologique), le rationnement s’est poursuivi, Bercy continuant à traiter les familles nombreuses comme un problème budgétaire alors qu’elles constituent une solution démographique.
Bilan : la France fait de moins en moins d’enfants.
Familles nombreuses : Bercy vide les poussettes et les remplit ailleurs
Avec 645 000 naissances en 2025, le pays est tombé à un niveau inédit depuis 1942 En quinze ans, près d’un bébé sur quatre a disparu des statistiques de l’état civil.
Une évolution d’autant plus frappante que le moteur démographique du pays change progressivement de visage.
D’après l’Insee, plus d’un tiers des nouveau-nés avaient en 2024 au moins un parent né à l’étranger.
La démographie française continue ainsi d’être soutenue par l’immigration et les familles issues de l’immigration, tandis que la natalité des Français de souche recule fortement.
Certains observateurs s’interrogent sur la sociologie de ceux qui édulcorent aujourd’hui la politique familiale.
Les gouvernements de la Ve République comptaient jadis de nombreux ministres issus de familles nombreuses et souvent eux-mêmes parents de trois, quatre ou cinq enfants.
La classe dirigeante actuelle est plus urbaine, plus diplômée, plus tardivement familiale et généralement moins féconde.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le coût des enfants soit parfaitement connu, mais leur utilité collective moins évidente dans les cercles du pouvoir.
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6 réponses
Ces gens n’ont rien compris à la répartition et veulent gouverner le pays… désespérant !
La solution est simple:
Un seul système.
-Soit on paye la retraite par répartition de la génération de nos parents et on élève 2 enfants qui payeront la notre.
-Soit on paye la retraite par répartition de la génération de nos parents et on cotise et capitalise l’argent que l’on économise en n’élevant pas d’enfants, (360000€ en moyenne pour 2 enfants jusqu’à 18ans, soit environ 15% des revenus nets) ce qui vient compenser et rééquilibrer le système.
Simple juste et honnête… mais trop simple pour nos têtes d’œuf !
Je ne vis pas ce qu’il y a de nouveau dans ces décisions du gouvernement. C’est comme d’habitude, on rabote chez les petits pour préserver les gros. On décide sans réfléchir aux conséquences futures, on agit dans l’instant. On pourrait ,penser que nos dirigeants sont des gens intelligents, lettrés, sensés, mais il n’en est rien. Pour une grande majorité ils ont tous le même cursus, l’ENA ! On y apprend à créer des taxes et impôts, pas à faire des économies ! Et quand on écoute une majorité de ces soi-disant élites de la société, on se dit que je jour où on fera dans les cons, ils ne seront à l’orchestre.
A mon avis avec le dérèglement climatique une déferlante démographique va arriver en Europe .que faire de tous ces gens? Donc inutile de faire trop d’enfants . Misons surtout sur l’éducation et la valeur travail afin que des cotisations t’entrent pour assurer les retraites futures.
C’est volontaire de décourager les natalites des français. Macron veut faire avant de quitter la France » le grand remplacement »
Monsieur DURTAL, vous oubliez de compter dans les méfaits de la fiscalité anti-familiale, l’IFI, l’impôt emblématique d’une fiscalité imbécile, jalouse, haineuse. Plus une famille est nombreuse, plus elle a besoin d’un grand logement. grande famille = grand logement = IFI, dans beaucoup de cas, et particulièrement à Paris.
~~ l’IFI est imposé à ces familles quels que soient leurs revenus
~~Un abattement forfaitaire de 30% de la valeur de la résidence principale est pratiqué, quel que soit le nombre des occupants de ce logement. Célibataire ou famille de 12 personnes, c’est le même abattement. Un célibataire fortuné échappera probablement à l’IFI mais pas une famille nombreuse, même aux revenus modestes.
~~ Le seuil de déclaration de cet impôt est 1 300 000€. Mais, si après l’abattement de 30% sur la RP la valeur de votre bien atteint cette somme, l’IFI sera calculé à partir de 800 000€. Pourquoi ne pas faire déclarer et payer tous les citoyens à partir de 1 300 000€? Ou pourquoi ne pas faire déclarer et payer l’IFI, par tous les citoyens, à partir de 800 000?
C’était une invention de Hollande.
~~Dans la plupart des cas, c’est la plus-value prise par l’immobilier (surtout à Paris) qui rend les familles redevables de l’IFI. Or, cette plus-value n’est pas imposable en cas de revente de la résidence principale. L’IFI EST UN PRÉLÈVEMENT ANNUEL SUR UNE PLUS-VALUE NON-IMPOSABLE!
~~Tout aussi pervers : l’IFI est un impôt sur une plus-value qui n’a pas encore été réalisée ET QUI NE LE SERA PEUT-ÊTRE JAMAIS!
~~ Un exemple: nous avons acheté notre appartement familial (pour loger 6 personnes) en 1983. Il valait alors (en francs) moins de 258 000€, loin du seuil de déclaration à l’ISF de l’époque. Nous n’avions pas fini de rembourser notre emprunt (à 16% !) que la hausse du coût de l’immobilier nous a rendus redevables de l’ISF. Dans le cadre de l’IFI, cette plus-value n’est plus imposable, sauf, donc, quand elle n’est pas réalisée.
Les biens professionnels ne sont pas assujettis à l’IFI, pas plus qu’ils ne l’étaient à l’ISF. Or dans un logement familial, certaines pièces sont utilisées professionnellement: salle de musique pour un musicien, bureau pour un professeur etc…Avec un cynisme révélateur, l’administration fiscale refuse d’en tenir compte.
Un bien immobilier coûte très cher à entretenir…même s’il ne faut refaire la toiture que 2 fois par siècle, les cages d’escalier tous les 30 ans, les ravalements tous les 15 ans, il faut consolider les caves quand elles s’écroulent et sans cesse mettre tout aux normes, l’électricité comme la plomberie, les fenêtres et l’ascenseur.
DE QUEL DROIT COMPLIQUER CES CHOSES, VOIRE LES RENDRE IMPOSSIBLES POUR LES FAMILLES NOMBREUSES?
~~ l’IFI empêche la constitution des économies qu’il faut bien faire pour s’acquitter de ses obligations de co-propriétaire. Or ces économies ne peuvent se constituer qu’après que l’on se soit acquitté, comme les autres, de l’IR, de tous les autres impôts et taxes, en particulier, de la TF et de la TH. Il est d’ailleurs question d’instaurer en plus un « impôt sur la fortune improductive », comme si ces économies n’étaient pas destinées à soutenir l’activité de nombreuses entreprises. Comble de l’imbécillité? De la haine des propriétaires? Des familles?
~~Tout ce que nous avons reçu en Allocations familiales, suppléments de salaires, bonifications de retraites, en primes diverses pour les rentrées scolaires, les économies d’énergie, les transports et tous les efforts pour préserver l’environnement et le climat, TOUT nous a été repris depuis longtemps par l’ISF-IFI.
Ces réflexions ont été appréciées aussi bien par Elisabeth BORNE, François BAYROU et Amélie de MONTCHALIN que par de nombreux députés et sénateurs, dont Philippe JUVIN qui en m’approuvant m’avait dit qu’il se souviendrait de mes réflexions lors du vote du budget suivant. C’était il y a sept ans. Il n’a jamais rien fait, alors qu’il en a eu l’occasion, encore récemment.
Peut-être est-il comme Sylvain MAILLARD, le député de ma circonscription, qui m’a dit être entièrement d’accord avec moi, « mais on ne peut rien faire contre cet impôt. Le président y tient, parce que c’est un impôt qui plait au peuple! »
Il y a malheureusement pas mal de gens, en politique, qui confondent démocratie et démagogie.
Bien sûr, il y a la dette, mais QUI EN EST RESPONSABLE? LES FAMILLES NOMBREUSES PARISIENNES?
Les responsables sont tous ceux qui ont voté ou fait voter des budgets en déficit depuis Giscard d’Estaing. Depuis 1974!
C’est à eux de payer. Ces déficits, ils les ont voté par avidité personnelle ou par démagogie: il faut bien assumer quelque promesses électorales ~ condition d’une réélection~ même si elles doivent finalement être payées par des enfants qui ne sont pas encore nés. Et c’est ce qui se passe en France: c’est toujours aux autres de payer.
~~ Il faudrait préciser et développer la notion de spoliation des générations futures qui ne se fait pas que par le rabotage des héritages. L’effarante accumulation de dettes faites ces dernières décennies est bien un forfait commis contre nos enfants et nos petits-enfants qui devront la rembourser. Forfait commis dans le même esprit que l’IFI: c’est toujours aux autres de payer.
Il y a plus de 40 ans qu’on attend la suppression de l’impôt scélérat qu’est l’IFI sur les résidences principales. N’en déplaise à Macron, le peuple comprendra très bien cette suppression si on lui expose les arguments donnés plus haut. Aucune histoire d’économie, de dette, de covid ou de J.O. n’autorise pareille injustice.
Seulement l’orgueil des profiteurs qui l’ont inventée? Pour ma part, je ne vote plus pour des gens qui ont lâchement maintenu l’ISF-IFI, ni pour ceux qui ont contribué, pendant 40 ans, à vider les coffres.
Cordialement,
Raymond Maillard
Ce n’est pas une politique familiale, mais une politique nataliste dont nous avons besoin, limitée à 3 enfants maximum (pour éviter le changement de civilisation), et pour renouveler les générations, principalement tournée, dès le 1er enfant vers les femmes françaises qui travaillent. Il s’agirait alors de redistribuer non pas des riches vers les pauvres, mais des célibataires ou couples sans enfants, vers les familles. Et au-delà de 3 enfants, c’est le barème de l’impôt qui prendrait le relais, car mieux vaut naître les enfants dans les familles qui ont les moyens financiers et intellectuels, que chez des pauvres aux cultures alternatives. Mais quand la politique française consiste à tuer les bébés dans le ventre de leurs mères, accélérer le trépas des vieux en fin de vie, et aller faire mourir les jeunes sur le front russo-ukrainien, la question qui se pose n’est-elle pas surtout sociétale et civilisationnelle, avant d’être démographique ? « Les civilisations ne meurent pas assassinées, elles meurent parce qu’elles se suicident » (Arnold Toynbee, historien britannique 1889-1975)