Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Logiciel Scribe de la Police : 30 millions envolés, seulement 18 000 euros d’amendes

© Savvapanf Photo - Shutterstock
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Le logiciel devait moderniser le travail de la police. Après six années d’errance, il a surtout laissé aux contribuables une facture de plusieurs dizaines de millions d’euros. Six responsables viennent d’être sanctionnés par la Cour des comptes.

Au ministère de l’Intérieur, la transformation numérique aura au moins tenu une promesse : dématérialiser quelques dizaines de millions d’euros d’argent public.

Logiciel Scribe : enquête sur un un logiciel de police défaillant

Lancé fin 2015, Scribe devait remplacer le logiciel de rédaction des procédures pénales de la police et faciliter le travail des enquêteurs.

Six ans plus tard, le programme était abandonné. La Cour des comptes décrit un projet mal ficelé, des responsabilités diluées, un suivi budgétaire défaillant et une succession de choix contestables.

Neuf décisions stratégiques auraient ainsi contribué au naufrage.

Le bilan est sans appel. Le préjudice retenu pour les finances publiques dépasse 30 millions d’euros.

L’instruction avait même chiffré, en octobre 2025, à 257,4 millions le coût global du fiasco en intégrant notamment le temps perdu par les policiers contraints d’utiliser des outils défectueux.

Six anciens responsables du ministère de l’Intérieur et de la police, dont deux ex-directeurs généraux de la police nationale, ont finalement été condamnés pour cette « faute collective grave ».

Logiciel Scribe : 30 millions de perdus, 18 002 euros d’amendes

Montant cumulé des sanctions : seulement 18 002 euros, de 1 à 6 000 euros par personne, dont… deux amendes symboliques d’un euro pour les 2 chefs de projets successifs.

Dès 2021, Contribuables Associés alertait sur les 15,1 millions d’euros déjà engloutis dans ce logiciel bancal, relevant que Scribe, devenu XPN, illustrait l’incapacité de l’État à maîtriser ses grands projets informatiques.

Les faits ont confirmé cette analyse.

Pire : la chambre du contentieux de la Cour des comptes reconnaît qu’il est impossible d’attribuer l’échec à une personne en particulier, tant les manquements sont imbriqués.

Le contribuable, lui, n’a pas besoin de chercher sa part de responsabilité : sous une forme ou sous une autre, il acquittera l’intégralité de la facture.

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