Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Gratuité des transports : une addition salée pour les contribuables

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La Cour des comptes dénonce la baisse continue de la participation des voyageurs au financement des bus, trams et métros. Et préconise une hausse des prix pour les classes moyennes

Faut-il offrir le transport collectif comme un service public gratuit, à l’instar de l’école ou de l’hôpital ? Dans un rapport publié ce lundi, les magistrats de la rue Cambon répondent par la négative.

Constat : la contribution des voyageurs s’effrite année après année. Elle ne représente plus que 41 % des coûts de fonctionnement en moyenne, et à peine 18% dans certaines petites agglomérations, a calculé la Cour

Le reste est pris en charge par les employeurs, via le versement mobilité, et surtout par les collectivités locales. Autrement dit, par l’impôt.

Or, la tendance à la gratuité amplifie ce glissement. Dans les grandes métropoles la facture s’envole.

À Montpellier, par exemple, la mise en place de la gratuité s’est traduite par un manque à gagner d’une quarantaine de millions d’euros, compensé par les contribuables.

Et encore, cette hausse de fréquentation n’a pas provoqué le grand basculement attendu de la voiture vers le tram : ce sont surtout piétons et cyclistes qui ont changé d’habitude. Résultat : un réseau saturé, et des investissements menacés.

Or, les besoins financiers sont colossaux. Verdissement des bus, extension des lignes, modernisation des infrastructures : tout cela exige des milliards.

Si les usagers ne contribuent pas davantage, ce sont les contribuables qui mettront la main à la poche, au risque de voir d’autres services locaux sacrifiés.

La Cour rappelle que les marges de manœuvre fiscales des communes et intercommunalités sont déjà réduites, et que le versement mobilité atteint un plafond difficilement franchissable.

À rebours du discours séduisant sur la gratuité, les magistrats plaident pour une tarification plus juste et plus lisible.

Ils militent pour une politique favorable aux « plus démunis ».

Classes moyennes : cochons de payants

Les autres catégories sociales devant accepter de payer un prix conforme à la réalité des coûts. « Les tarifs ne sont pas l’obstacle principal à l’usage des transports, sauf pour les plus défavorisés », soulignent-ils.

En filigrane, c’est un choix politique qui se dessine : sous couvert d’aider les usagers les plus démunis, ce sont les classes moyennes qui risquent de faire les frais de cette politique de réajustement tarifaire.

Des classes moyennes qui verront leurs billets augmenter, leur pouvoir d’achat s’étioler, alors qu’elles croulent déjà sous les impôts et les taxes.

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