Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Répartition des fonctionnaires : la carte secrète des inégalités territoriales

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Selon Fipeco, la répartition des agents publics ne reflète pas les besoins réels du pays et créée une fracture invisible, notamment en ce qui concerne le personnel hospitalier.

La dernière note de Fipeco, le site de référence sur les finances publiques révèle qu’en 2023 les territoires continuent de recevoir des volumes de fonctionnaires sans adéquation avec leur population ou leurs contraintes sociales.

Fipeco rappelle que la France compte en moyenne 76 fonctionnaires civils pour 1000 habitants tout en soulignant que cette statistique masque de profonds déséquilibres.

Une moyenne nationale qui cache de fortes fractures régionales

En Martinique ce ratio culmine par exemple à 109 agents pour 1 000 habitants, tandis que l’Île-de-France et la Corse en affichent chacune 83, la première du fait de l’hypertrophie des administrations centrales, la seconde pour des raisons moins explicites.

Outre ces cas extrêmes, les écarts demeurent frappants : Fipeco recense 78 fonctionnaires pour 1000 habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur contre seulement 68 dans les Pays-de-la-Loire.

À l’échelle départementale, les contrastes se creusent. Certains départements comptent 2 fois plus de fonctionnaires (État ou territoriale) que d’autres. Pour un nombre d’habitants équivalent, ce ratio départemental peut même aller de 1 à 3.

Fipeco observe que les départements du Sud, chargés en personnels territoriaux, cohabitent avec des départements du Nord affichant des taux inférieurs.

Ces ajustements découlent d’héritages administratifs ou d’inerties locales plus que de critères objectifs, ce qui fausse le principe d’égalité devant le service public, notamment quant à la mise à disposition d’agents hospitaliers ou territoriaux.

Fipeco déconstruit certaines idées reçues : les zones rurales ne sont pas systématiquement défavorisées. Elles apparaissent même mieux dotées en personnels hospitaliers que la région parisienne.

À l’inverse, les bassins de population dynamique souffrent d’un retard structurel.

Les analyses de France Stratégie et de l’Insee confortent ce constat : entre 2011 et 2018, le « taux d’administration » a progressé dans les zones les moins denses et reculé dans les plus densément peuplées.

Un comble !

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