Alors que le pays s’enfonce dans la crise énergétique et que le pouvoir d’achat des contribuables se réduit comme peau de chagrin, Bercy se réjouit du renforcement des contrôles fiscaux.
A en croire le récapitulatif publié ce 7 avril, jamais le Fisc n’a récupéré autant d’argent : 17,1 milliards d’euros de droits et pénalités ont été notifiés en 2025, soit une hausse de près de 3 % sur un an et de 27 % depuis 2021.
Au total, en intégrant les crédits d’impôts non remboursés, le montant des redressements atteint 25,5 milliards d’euros, soit 5,5 milliards de plus en un an. Du jamais-vu.
L’intelligence artificielle au service du contrôle fiscal
Dans le détail, les contrôles « sur place » concentrent l’essentiel des redressements avec 9,8 milliards d’euros ( + 11 % depuis 2022)
Les contrôles sur pièces restent stables à 7,3 milliards d’euros, mais ceux portant sur revenu (+6,1 %) ou les prélèvements sociaux (+9,5 %) progressent significativement.
Autre tournant enregistré : l’industrialisation des contrôles. Désormais, une large part des dossiers est ciblée grâce à des outils de détection automatisés. Ils ont permis de récupérer 2,8 milliards d’euros en 2025, indique Bercy.
Les contrôles ont d’abord touché les contribuables disposant de patrimoines élevés, où les montages fiscaux et les omissions déclaratives peuvent générer des redressements importants.
Les revenus du capital, les transmissions et l’immobilier figurent parmi les « points de vigilance » renforcés.
Les entreprises ne sont pas en reste.
Les montages complexes, la fraude à la TVA ou encore les schémas d’optimisation internationale font l’objet d’une attention zélée. Les activités impliquant des flux financiers importants ou des opérations transfrontalières sont particulièrement surveillées, tout comme les secteurs où l’usage du cash ou des structures intermédiaires reste élevé.
Un contrôle fiscal plus répressif et dématérialisé
Les pôles nationaux de contrôle à distance ont traité près de 30 000 dossiers de particuliers, avec un taux de taxation de 77 %. Et la répression s’intensifie : 2 138 dossiers transmis à la justice, 181 perquisitions fiscales et 670 opérations antifraude.
Plus d’un tiers des contrôles donnent lieu à des pénalités lourdes. Et les échanges internationaux se multiplient, avec plus de 7 000 demandes adressées par la DGFIP (Direction générale des Finances publiques) à des pays partenaires.
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