Au Sytral, les élus lyonnais quadruplent leurs indemnités
Comme l’a rapporté Le Figaro Lyon, Mercredi 24 juin 2026, la présidente LR de la métropole lyonnaise, Véronique Sarselli, a fait voter lors du premier conseil d’administration du Sytral une multiplication par quatre de sa propre indemnité de présidente : de 727 à 2 877 euros brut mensuels.
Ses vice-présidents ont vu la leur doubler, passant de 641 à 1 356 euros.
Deux mois plus tôt, cette même élue avait déjà fait voter le retour de 11 voitures de fonction pour la directrice de cabinet et les directeurs de service – supprimées par la majorité écologiste en 2020 – et créé une enveloppe de « frais de représentation » allant de 4 500 à 7 000 euros par an pour ses directeurs.
Sa justification : le cadre légal du code des transports l’y autorise.
Factuellement exact. Tout aussi exact : rien ne l’y oblige.
La question posée par l’opposition écologiste et relevée par Le Figaro est pourtant légitime : « Comment les élus de la nouvelle majorité pourront-ils retourner dans leurs communes pour expliquer qu’il n’y a pas de budget pour une nouvelle ligne de bus ou de car, alors que la présidente s’octroie une telle augmentation ? »
Une bonne question – que l’opposition aurait pu savourer si elle n’avait pas, dans le même temps, les mains dans le même pot de confiture.
Frais de représentation : les élus lyonnais ne sont pas en reste
Car en face, Grégory Doucet réélu en mars 2026 a ouvert son nouveau mandat avec le même entrain.
Ses frais de représentation personnels ont été multipliés par cinq : de 3 000 à 15 000 euros annuels. L’enveloppe couvre les frais de restauration « dans la limite de 40 euros par personne« , les cadeaux institutionnels, les frais d’habillement et les « événements institutionnels ».
Son indemnité d’édile a également progressé de 426 euros, ses adjoints ont été revalorisés, et une indemnité nouvelle a été créée pour les conseillers d’arrondissement.
Pendant la campagne, Grégory Doucet avait pourtant fait de la sobriété institutionnelle un argument, insistant sur le faible niveau de ses frais de représentation lors de son premier mandat. Il a depuis revu sa position à la hausse.
La droite lyonnaise a immédiatement dénoncé une augmentation « indécente » et « outrancière ».
Ce qui n’a pas empêché cette même droite de voter, deux mois plus tard, le quadruplement de l’indemnité au Sytral.
La justification est dans les deux cas identique : « le cadre légal l’autorise. »
Ce qui, traduit honnêtement, signifie : nous prenons le maximum de ce que la loi permet – dans un contexte où les budgets locaux sont sous pression et où les contribuables lyonnais sont appelés à se serrer la ceinture.
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