Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Comité d’alerte : derrière l’alibi Ormuz, la dérive des comptes publics

© AlexLMX -Shutterstock
Budget État argent public
Le comité d'alerte des finances publiques veut fixer un nouveau cap budgétaire. Si les tensions au Moyen-Orient ont aggravé la situation, elles ne sauraient masquer l'essentiel : des décennies de laxisme budgétaire.

Le gouvernement invoque les conséquences du conflit au Moyen-Orient pour justifier un nouveau tour de vis budgétaire. Mais la dérive des finances publiques est bien antérieure à la crise iranienne et pèse lourdement sur les contribuables.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont effectivement ralenti l’activité, réduit les recettes fiscales sur les carburants d’environ 80 millions d’euros (baisse de la consommation) et conduit l’État à dépenser 1,4 milliard d’euros pour soutenir ménages et entreprises.

Cette facture reste lilliputienne au regard de la dérive brobdingnagienne¹ des comptes publics.

Le gouvernement admet que la croissance attendue en 2026 sera plus faible que prévu, autour de 0,7 % selon l’Insee et le FMI, contre 0,9 % espéré initialement.

Le déficit public, lui, devrait rester proche de 5 % du PIB malgré les six milliards d’euros d’économies déjà décidés au printemps.

La dette publique représente 3 536 milliards d’euros (117,5 % du PIB).

La Cour des comptes vient de rappeler que la France est le seul pays de la zone euro dont le ratio d’endettement dépasse encore le pic atteint pendant la crise sanitaire.

Plus inquiétant encore, la juridiction financière alerte sur « l’augmentation massive » de la charge de la dette.

Dette publique : la charge d’intérêts s’envole

Cette dernière devient l’une des premières dépenses de l’État. Selon les dernières données budgétaires, les intérêts versés aux créanciers dépasseront 59 milliards d’euros pour l’État (et 70 milliards d’euros en 2026 pour l’ensemble des administrations publiques), et continuer à progresser dans les prochaines années sous l’effet de la remontée des taux.

« L’an prochain, et pour toutes les années suivantes, la totalité de l’impôt sur le revenu de tous les foyers français ne suffira pas à payer chaque année les intérêts de la dette. », soulignait récemment François Bayrou, ancien Premier ministre, dans les colonnes du Point.

Le comité d’alerte des finances publiques se termine sans l’annonce de nouvelles mesures.

Mais, les nouvelles économies devraient principalement concerner les dépenses sociales, les arrêts maladie, certains remboursements de médicaments ou encore des dispositifs environnementaux comme MaPrimeRénov’.

Si le détroit d’Ormuz a incontestablement compliqué l’équation budgétaire, il ne fait qu’aggraver une situation que des années de déficits chroniques avaient déjà rendue explosive.

¹ du nom du peuple de géants que rencontre Gulliver dans Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swfit.

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