Identité fiscale, revenus, situation familiale, coordonnées, taux de prélèvement : les intrusions découvertes cet été ont exposé des données particulièrement sensibles. Le principal danger n’est pas l’accès direct au compte fiscal, mais leur utilisation pour monter des escroqueries crédibles.
Piratage du fisc : 678 000 contribuables trahis par l’État
L’attaque contre la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ne s’est pas résumée au piratage d’un mot de passe sur impots.gouv.fr. Les hackers ont utilisé des identifiants usurpés appartenant à un agent du fisc et à un tiers habilité pour accéder à des applications internes.
Selon l’administration, les premières extractions ont été réalisées manuellement avant que les requêtes soient automatisées, assez discrètement pour ne pas déclencher immédiatement les systèmes d’alerte.
Les accès frauduleux ont été repérés et coupés en juin puis en juillet. Mais la DGFiP affirme ne pas avoir identifié alors l’exfiltration des informations. Ce n’est que le 12 août, après la revendication du pirate, qu’elle dit avoir établi qu’un volume important de données avait effectivement été siphonné.
Bercy a d’abord estimé à 678 000 le nombre de particuliers et professionnels dont certaines informations avaient pu être consultées ou extraites. La DGFiP a ensuite précisé qu’un peu plus de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels étaient concernés par le vol de données sensibles.
Depuis la révélation du piratage, Contribuables Associés reçoit un nombre croissant d’appels de contribuables.
Pour les particuliers, celles-ci peuvent comprendre l’identifiant fiscal, l’état civil, l’adresse, le téléphone, le courriel, la situation familiale, le nombre de personnes à charge et de parts, le revenu fiscal de référence ou le taux de prélèvement à la source. La liste des échanges avec l’administration a également pu être consultée et, pour moins de 250 contribuables, le contenu même des messages adressés au fisc.
Une intrusion distincte a par ailleurs touché des données cadastrales concernant jusqu’à 433 485 particuliers et 1 082 professionnels.
Les différentes populations pouvant se recouper, ces chiffres ne doivent pas être additionnés. Les mots de passe et l’accès aux espaces personnels sur impots.gouv.fr n’auraient, en revanche, pas été compromis.
Piratage du fisc : la nouvelle boite de Pandore
Le risque est ailleurs. Cette concentration d’informations offre aux escrocs une matière de premier choix.
Ils peuvent utiliser des données exactes pour gagner la confiance d’une victime, puis lui soutirer ce qui leur manque : mot de passe, numéro de carte, coordonnées bancaires ou copie d’une pièce d’identité.
La fuite devient alors le premier étage d’une fraude bancaire ou d’une usurpation d’identité.
Les contribuables concernés doivent donc se méfier des appels, SMS ou courriels évoquant un remboursement fiscal, une anomalie de prélèvement, une modification de coordonnées bancaires ou une urgence administrative.
La DGFiP indique avoir renforcé la surveillance des comptes touchés afin de repérer notamment d’éventuels changements suspects d’adresse ou de coordonnées bancaires.
L’affaire révèle surtout une asymétrie gênante.
Le contribuable est tenu de livrer à l’État des informations fiscales, familiales, patrimoniales et bancaires toujours plus précises.
Il ne peut ni refuser cette collecte ni choisir où elles sont conservées. En retour, il est en droit d’exiger qu’elles ne deviennent pas l’outil de ceux qui cherchent à le dépouiller.

12 réponses
J’ai entend dire que certains contribuables dont les données ont été piratées vont attaquer l’Etat pour obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice subi. En tant qu’association représentant des milliers de contribuables, Contribuables Associés ne pourrait-elle pas supporter et même se porter partie civile dans de telles actions. Voire en prendre l »initiative pour obtenir de meilleures garanties futures pour TOUS les contribuables et une meilleure protection si cette fuite de données donnait lieu à des escroqueries ?
Cet énorme scandale est un flagrant délit d’incompétence et ne peut se solder que par le licenciement des responsables de la fonction publique et l’ineligibilité de tous les responsables politiques impliqués. Le devoir régalien élémentaire n’a pas été rempli, aucune numérisation accessible n’aurait du exister sans sécurité absolue.
Un autre souci (plus grave selon moi) est qu’avec les données recueillies (notamment le revenu fiscal de référence et l’adresse physique), les cambrioleurs vont avoir une liste toute faite pour aller faire leurs emplettes, voir réaliser des « home-jackings », avec violences à la clé.
C’est révoltant, et l’Etat cherche à nous mettre encore plus en danger en nous poussant vers une identité numérique généralisée (notamment pour les réseaux sociaux).
A qui profite le crime? Sans complicités intérieures, la chose est elle possible?La question reste posée.
De joyeux comiques incapables de faire le job pour lequel ils son convenablement rémunérés. Que la place soit céder à des gens de bon niveau
Le plus grand risque, est l’agression physique des personnes touchées par cette fuite. Les voyous qui ont le nom, l’adresse, le revenu fiscal de référence, l’âge (plus facile d’agresser des personnes âgées), etc… , vont avec quasi certitude organiser des HOME JACKING.
Je ne suis apparemment pas concerné ( cette fois ci…), mais si je venais à apprendre que mes données personnelles se baladaient sur le Darkweb ,avec la complicité de Bercy, je pense que je porterai plainte contre l’état et exigerai qu’on me délivre une autorisation de port d’arme . On auraa vraiment tout vu dans ce pays !
Pour moi je lis les articles de contribuables associés avec assiduité et avec une certaine curiosité : y a t il quelque chose qui fonctionne de façon nominale dans ce pays ? Pendant longtemps j’ai pensé que la seule qui fonctionnait en France était le fisc… Et bien nous apprenons avec désespoir que non… Même ça, ne fonctionne pas correctement…
A tous niveaux un important ménage s’impose dans notre Pays ! L’occasion se présente dans quelques mois. Les Français vont-ils étre à la hauteur ? J’en doute ! Mon expérience des 50 dernières années me font redouter le résultat !… Belle journée à toutes et tous.
Oui, on voit hélas que nos données sont quasiment en libre service. Aujourd’hui, c’est le tour de la facturation électronique et des données qui vont surement pas être mieux protégées quand ce n’est pas des sociétés où états étrangers qui possèdent les plateformes obligatoires et payantes. Quand les PME, PMI et plus grandes sociétés vont être siphonnées de leurs comptes, que va-t-il se passer? Faut-il attendre une plus grande catastrophe où dire STOP au délire de nos technocrates???
Je ne suis pas arrivé à télécharger le document ?
Puisque nous ne sommes pas protégés sur le plan numérique, ne serait-il pas possible d’exiger la possibilité pour les contribuables de revenir à une déclaration d’impôts papier et que toutes nos données personnelles ne soient plus informatisées
Que choisir a publié un article qui disait en clair que ce hold up n’avait pas pu se faire sans complicité interne. Une enquête est elle en cours ????